Lille: Vingt-sept ans de prison pour un «braconnier en maraude» qui violait des étudiantes

SENTENCE L'homme de 30 ans a été reconnu coupable de 3 viols et 4 tentatives...

G. N. avec AFP

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Me Frank Berton, avocat d'Erwan Gouget, à l'ouverture de son procès, le 14 juin 2018.
Me Frank Berton, avocat d'Erwan Gouget, à l'ouverture de son procès, le 14 juin 2018. — DENIS CHARLET / AFP

« Un braconnier en maraude » qui cherchait ses « proies » étudiantes. Erwan Gouget, 30 ans, a été condamné à 27 ans de réclusion criminelle jeudi par la cour d'assises du Nord pour trois viols et quatre tentatives en 2011 et 2012 à Lille. Cet ancien pâtissier, déjà condamné pour viol en 2008, est accusé d’avoir agi suivant un mode opératoire précis : muni de gants, d’un couteau et d’un pied-de-biche, il suivait les étudiantes rentrant de soirée, notamment à leur domicile.

L’avocat général, Luc Frémiot, avait requis jeudi matin 25 années de réclusion criminelle assortis de la peine de sûreté maximale. Lors de son réquisitoire il avait décrit un « prédateur » qui, la nuit, agit comme un « braconnier en maraude » cherchant sa « proie » sur son « terrain de chasse ». « Vous êtes dangereux ! », a-t-il lancé à l’accusé qui, impassible, ne le lâchait pas des yeux.

La défense avait demandé l’acquittement

« Vos près de deux heures de réquisitoire ne permettent pas d’établir des certitudes », a répliqué lors de sa plaidoirie l’avocat de l’accusé, Me Frank Berton. « Une bonne décision ne se prend pas dans la peur. Pour juger un homme, il faut écouter ni la colère, ni le poids des larmes », a lancé aux jurés Me Berton avant de leur demander d’acquitter son client.

« J’aimerais ajouter, après tout ce qui a été dit, que je n’ai pas commis les faits qui me sont reprochés et que je suis innocent », a déclaré l’accusé, avant que les jurés ne se retirent pour décider de son sort.

Interpellé en juillet 2012 par la BAC à Lille après un refus d’obtempérer, Gouget détenait dans sa voiture un couteau, un pied-de-biche et plusieurs paires de gants. Il a été reconnu formellement par la plupart des victimes, mais depuis le début de l’enquête, il a nié l’intégralité des faits, affirmant que son ancien codétenu pourrait être l’auteur de certains faits. Celui-ci a livré mardi à la barre un récit d’horreur, détaillant toutes les tortures que Gouget lui aurait fait subir pour obtenir des courriers d’aveux.

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