Gérard Collomb assigné en justice pour «atteinte à la présomption d’innocence»

TERRORISME Le ministre de l’Intérieur est attaqué pour avoir affirmé, sans attendre de jugement, qu’un détenu irakien était un cadre de Daesh. L’audience aura lieu le 6 juillet…

R. G.-V.

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Gérard Collomb est ministre de l'Intérieur depuis mai 2017.
Gérard Collomb est ministre de l'Intérieur depuis mai 2017. — LUDOVIC MARIN / AFP

Gérard Collomb est-il allé un peu trop vite en besogne en affirmant qu’Ahmed Hamdane, mis en examen le 9 mars 2018 en France, était « un cadre de Daesh » ? Pour son avocat, Mohamed Hamdi, la réponse est oui. C’est ce qu’il a dit à France Info, précisant qu’il s’agissait pour lui d’une atteinte à la présomption d’annonce et que, pour cela, il avait assigné le ministre de l’Intérieur en justice.

« Gérard Collomb a affirmé, sans attendre la fin de l’instruction et sans qu’il y ait de jugement définitif, que mon client est un cadre de Daesh et qu’il a commis des crimes abominables », précise l’avocat. Car Ahmed Hamdane, jusqu’alors réfugié en France, nie les faits qui lui sont reprochés. « Le dossier est juridiquement vide », estime son conseil.

Soupçonné d’être l’auteur d’un massacre à Tikrit

Concrètement, son client, qui est aussi poursuivi en Irak, est soupçonné d’avoir participé au massacre de 1.700 personnes près de Tikrit, quand la région était encore administrée par le groupe Etat islamique. L’audience dans l’affaire qui l’oppose désormais à Gérard Collomb aura lieu, elle, le 6 juillet, à 11 heures.