Ariège: Ils portent plainte contre les fabricants du glyphosate après en avoir trouvé dans leurs urines

ENVIRONNEMENT Après avoir trouvé du glyphosate dans leurs urines, des faucheurs volontaires d’Ariège vont déposer plainte ce contre les responsables de « cet empoisonnement massif »…

Beatrice Colin

— 

Lors d'une manifestation d'opposants ecologistes a l'utilisation des pesticides devant un hypermarche de la region de Toulouse.
Lors d'une manifestation d'opposants ecologistes a l'utilisation des pesticides devant un hypermarche de la region de Toulouse. — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • Des faucheurs volontaires d’Ariège vont porter plainte ce vendredi contre des fabricants de glyphosate et décideurs ayant autorisé sa mise sur le marché.
  • Ils s’appuient sur leurs analyses d’urines qui contiennent du glyphosate. L’objectif est de dénoncer l’empoisonnement aux pesticides des citoyens.
  • Ils ont lancé une campagne pour trouver des volontaires prêts à faire analyser leurs urines et porter plainte.

Ils ont rendez-vous ce vendredi, à 10 h, devant le commissariat de Foix, en Ariège. Des Faucheurs volontaires ont décidé de porter plainte contre les fabricants de pesticides contenant du glyphosate et les responsables sanitaires et politiques qui ont autorisé leur mise sur le marché.

Cette plainte n’est pas symbolique. Elle s’appuie sur des analyses d’urine réalisées devant huissier. Les militants y ont retrouvé des taux du fameux pesticide entre 9 et 33 fois plus élevés que la dose autorisée dans l’eau potable.

« Ce seront des plaintes individuelles pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement », détaille Dominique Masset, membre des faucheurs volontaires.

Plaintes nominatives

Et elles ne seront pas contre X, elles cibleront des personnes, notamment le PDG et les membres du conseil d’administration de Monsanto sur une certaine période, mais aussi des membres de la commission européenne et de toute la chaîne de décision qui ont autorisé la mise sur le marché. « C’est pour que les décideurs dans leur tour d’argent se sentent concernés par les décisions qu’ils prennent », insiste le militant.

C’est le premier palier. Car ils ne comptent pas en rester à ces quelques plaintes, moins d’une dizaine. Le collectif a décidé d’aller plus loin. Il y a quelques semaines, il a lancé une grande campagne de recrutement de volontaires, prêts à faire analyser leurs urines pour savoir si elles contiennent le pesticide. « Aujourd’hui, 200 personnes se sont inscrites et la majorité sont prêtes à porter plainte », poursuit le militant.

Ce passage sur le terrain judiciaire va aussi leur permettre de donner aux méthodes aux personnes qui souhaiteraient faire de même ailleurs en France pour dénoncer « cet empoisonnement massif ».