Grenoble: Trois ans de prison requis contre six jeunes qui avaient agressé des mères de famille s'opposant à leur trafic de drogue

JUSTICE Les six prévenus ont nié leur participation aux faits…

C.G. avec AFP

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illustration de deale
illustration de deale — E.ABRAMOVICH / AFP
  • Six jeunes hommes comparaissaient mercredi devant la cour d’appel de Grenoble.
  • L’avocat général a requis trois ans de prison ferme à leur encontre.
  • Ils étaient poursuivis pour avoir frappé trois mères de famille, qui s’opposaient au trafic de drogue dans le quartier.
  • Ce jour-là, les victimes s’étaient assises dans les allées pour leur faire barrage.

Trois ans de prison ont été requis mercredi à l’encontre des six hommes jugés en appel à Grenoble pour l’agression de mères de famille qui s’étaient opposées au trafic de drogue dans leur quartier d’Echirolles, en Isère. La cour rendra son arrêt le 27 juin.

L’avocat général, Philippe Muller, a réclamé des condamnations « marquantes », « d’abord pour les prévenus ». Pour trois d’entre eux qui comparaissaient libres, il a demandé qu’ils soient placés en détention. Et pour les trois autres, déjà en prison, il a requis leur maintien derrière les barreaux.

« J’assume »

« Les peines seront vilipendées comme excessives mais j’assume », a lâché Philippe Muller, dont les réquisitions dépassent celles de première instance (quelques mois à 5 ans ferme) et les condamnations du tribunal correctionnel en février, qui allaient de 4 mois à un an ferme.

Il a justifié cette position pour permettre à la cour « d’embrasser l’intégralité du dossier » qui touche au contexte de «gangrène» des quartiers grenoblois par la drogue. Et parce que les prévenus « ont dépassé la limite et enfreint une règle importante dans les quartiers : on ne touche pas aux mères ».

Trois mères Courage

Le magistrat a appelé à « répondre à la demande de ces femmes » dont « l’intervention courageuse fait l’effet d’un certain échec sur le plan de la répression, de la prévention et de la société ».

Les 11 et 12 décembre, ces mères de famille qui avaient décidé d'occuper l'espace dans leurs allées de la place Beaumarchais, un des nombreux quartiers sensibles de l’agglomération grenobloise, avaient été frappées par un groupe de jeunes gens.

Lors des interpellations, d’importantes saisies de drogues – cannabis, cocaïne –, de matériel de coupe et de pesée, d’argent (plus de 7.000 euros) et d’une arme avec des cartouches avaient été réalisées chez trois des prévenus.

Les six prévenus nient les faits

Les plaidoiries de la défense ont toutes dénoncé l’absence d’individualisation de la peine requise, comme le veut le Code pénal, et son caractère « excessif ». A l’audience, les six prévenus ont tous nié leur participation aux violences. Ceux habitant le quartier assurant ne pas être au courant de trafics.

Les trois victimes étaient absentes à l’audience. « Ce n’est pas par manque de courage, mais elles en ont assez entendu », en première instance « où elles ont tenu tête », et dans le quartier où elles font l’objet de « reproches » et « de regards » parce que des jeunes sont en prison, a fait valoir leur avocat.