Grenoble: Quinze ans de prison ferme pour avoir tué sa petite amie qu'il harcelait depuis leur rupture

JUSTICE La victime a été étranglée pendant quinze minutes et poignardée une vingtaine de fois...

C.G. avec AFP

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Le 2 novembre 2015, au Palais de justice de Grenoble.
Le 2 novembre 2015, au Palais de justice de Grenoble. — C. Girardon / 20 Minutes
  • Simon Thirel, 22 ans, étudiant en IUT, a été condamné mercredi soir à 15 ans de réclusion pour la cour d’assises de l’Isère.
  • Le 2 octobre 2015, il a tué son ancienne petite amie, qui avait rompu quelques mois auparavant.
  • Les jurés n’ont pas retenu la préméditation.

Il a demandé lui-même à la cour d’être puni. Simon Thirel, 22 ans, a été condamné mercredi soir à 15 ans de réclusion par la cour d’assises de l’Isère pour le meurtre de son ancienne petite amie, Julie. Les jurés n’ont finalement pas retenu la préméditation, allant ainsi contre l’avis de l’avocate générale qui avait requis une peine de 20 ans de prison.

Le jour du drame, le 2 octobre 2015, l’amoureux éconduit s’était pointé au domicile de l’étudiante. Le couple est séparé depuis quelques mois. C’est elle qui a décidé de partir et d’avorter. Lui refuse la rupture. Cela fait des mois qu’il la harcèle et la dénigre sur les réseaux sociaux.

Etranglée pendant 15 minutes et poignardée à vingt reprises

Ce matin-là, Simon s’introduit dans la maison de la jeune femme par la porte laissée ouverte et grimpe les escaliers jusqu’à sa chambre. Julie, déroutée, le gifle. Lui se met alors à l’étrangler avant de la poignarder une vingtaine de fois à la tête et au cou.

« Je n’ai qu’un seul souhait pour vous tous qui allez me juger : il faut me punir et me permettre de me soigner. J’ai besoin de cette peine et de ces soins », a lâché l’accusé, avant que la cour ne se retire pour délibérer, peu avant 17h00. D’une voix tremblante, le jeune homme a « demandé pardon du fond du cœur » à la famille et aux amis de sa victime, ajoutant comprendre qu’ils ne puissent le pardonner.

« Ce n’est pas un crime passionnel, un crime d’amour, que vous avez à juger, c’est un crime d’amour-propre », avait lancé un peu plus tôt l’avocate générale, Marion Lozac’hmeur, dans un réquisitoire de moins d’une heure.

« Julie s’est vue mourir »

Tout en reconnaissant l’altération du discernement de l’accusé, l’avocate générale avait estimé que l’intention homicide ne faisait aucun doute, du fait de la durée de l’étranglement : « Quinze minutes, c’est extrêmement long. » Et d’ajouter : « Julie s’est vue mourir ; elle a eu le temps de se voir mourir. »

La magistrate a également souligné la position « atroce » de la mère de Julie qui était présente quand sa fille a été tuée, dans des circonstances relevant de « la sauvagerie » et de « la barbarie ».