VIDEO. Disparus de Mirepoix: Que sait-on du piège tendu à un père et sa fille?

FAITS DIVERS Sept mois après la disparition de Christophe et Célia Orsaz, une infirmière et un mécanicien ariégeois, soupçonnés de les avoir tués, ont été mis en examen…

Beatrice Colin

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Cette étudiante ariégeoise et son père n'avaient plus donné signe de vie depuis le 30 novembre 2017.
Cette étudiante ariégeoise et son père n'avaient plus donné signe de vie depuis le 30 novembre 2017. — Twitter
  • Christophe Orsaz et sa fille Célia étaient portés disparus depuis le 30 novembre dernier. Leurs corps ont été découverts mardi après les aveux d’un homme placé en garde à vue.
  • Jean-Paul V., un mécanicien ariégeois, et Marie-José M., son ex-maîtresse, sont soupçonnés d’avoir tué Christophe Orsaz et sa fille. Marie-José M. a entretenu une relation avec la victime.
  • Les deux ex-amants ont tendu un guet-apens à Christophe Orsaz sous de faux prétextes avant de le battre à mort à coups de barre de fer. Sa fille a été executée à bout portant d’un coup de fusil.

Mardi, les corps de Christophe Orsaz, 47 ans, et sa fille Célia, 18 ans, ont été retrouvés, sept mois après leur disparition. Ce sont les aveux d’un homme qui ont permis aux gendarmes de l’Ariège et la section de recherche de Toulouse de les retrouver, à quelques kilomètres de distance. Celui de Christophe Orsaz était caché dans une fosse près d’une ferme abandonnée, celui de sa fille était sommairement enterré dans les bois.

Lundi, Jean-Paul V., un mécanicien de 48 ans, et son ex-maîtresse, Marie-José M., ont été placés en garde à vue dans le cadre de cette enquête. Les anciens amants, déférés mercredi devant un juge d’instruction, ont été mis en examen pour « assassinat » et « meurtre commis en concomitance avec un autre crime ».

La piste des appels suspects

Le 30 novembre dernier, Christophe Orsaz et sa fille, étudiante à Toulouse, ont quitté leur domicile ariégeois de Mirepoix, en Ariège, peu après 16 h pour se rendre à Bélesta, à une trentaine de kilomètres. Célia devait prendre le train pour Toulouse, où elle suivait des études supérieures. Elle n’est jamais arrivée à Matabiau.

Ni elle ni son père n’ont jamais été revus vivants. Le soir même, leur véhicule a été retrouvé calciné en bordure de forêt, à la frontière entre l’Ariège et l’Aude. Rapidement, une enquête pour disparition est ouverte. Et les gendarmes tentent de retracer leur parcours grâce au bornage de leurs téléphones portables. Le dernier signal est perçu à 17 h 30, aux alentours de Bélesta.

Et c’est l’étude des communications émises et reçues par les téléphones des victimes, à proximité immédiate de leur lieu de disparition, qui vont permettre d’isoler quelques appels suspects.

Faux rendez-vous, vrai guet-apens

Les huit enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse affectés à plein temps à cette affaire vont remonter la piste des appels grâce, notamment, à l’appui d’un technicien spécialisé dans l’analyse criminelle et du fameux logiciel AnaCrim. Ils ont ainsi pu découvrir que derrière se cachent Marie-José M., avec qui Christophe Orsaz a entretenu une relation, et Jean-Paul V. 

Sous couvert de fausses identités et prétextant une proposition de travail, ils donnent rendez-vous à Christophe Orsaz dans un lieu isolé, repéré dès le mois précédent. « L’idée de jeter le corps de la fosse a été retenue dès cette époque. Le diamètre de celle-ci avait d’ailleurs été mesuré pour s’assurer de sa compatibilité avec le passage d’un corps », a indiqué mercredi le procureur de la République de Toulouse, Pierre-Yves Couilleau.

Célia, abattue à bout portant

Mais les deux bourreaux n’avaient pas prévu que Célia se trouverait ce jour-là avec son père. Ils ne se sont rendu compte de sa présence dans la voiture que lorsqu’elle s’est mise à hurler en les voyant frapper à mort son père à coups de barre de fer.

Pour tenter d’échapper aux deux assassins, elle s’est enfermée dans la voiture. Mais Jean-Paul V. a réussi à ouvrir le véhicule et a ligoté et bâillonné la jeune femme à l’arrière, avant de prendre le volant. Il est suivi par l’infirmière qui conduit son propre véhicule jusqu’à la forêt de Picaussel.

Le mécanicien s’est alors emparé d’un fusil de chasse dissimulé dans son coffre et lui a tiré dessus à bout portant à hauteur de la tête.

Vengeance et manipulation

« Le mobile reste à cerner », a indiqué mercredi le procureur de la République de Toulouse. Mais, selon les premiers éléments de l’enquête, Marie-José M. serait à l’initiative de ce guet-apens. Ancienne compagne de Christophe Orsaz, elle aurait gardé de nombreuses rancœurs envers le jardinier. A-t-elle manipulé Jean-Paul V. pour le conduire à porter les coups fatals ?

L’enquête confiée à deux juges d’instruction toulousains devra faire la lumière sur la personnalité de cette femme de 57 ans.

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