Grenoble: Un étudiant jugé pour avoir tué sa petite amie de 17 ans qui l'avait quitté

PROCES La victime, âgée de 17 ans, venait d'avorter. Elle a été étranglée et poignardée...

C.G. avec AFP

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Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016
Le palais de Justice de Grenoble, le 5 février 2016 — XAVIER VILA/SIPA
  • Un étudiant de 22 ans sera jugé à partir de lundi devant la cour d’assises de l’Isère.
  • Le 2 octobre 2015, il avait étranglé et mortellement poignardé son ancienne petite amie, âgée de 17 ans.
  • Il ne supportait pas la rupture et harcelait l’adolescente depuis plusieurs mois.

Il va devoir justifier l’incompréhensible. Dire comment il a pu tuer « son âme sœur », comment il a pu l’étrangler et la poignarder alors qu’il jurait ne pouvoir vivre sans elle. Simon, jeune homme de 22 ans, sera jugé à partir de lundi devant la cour d’assises de l'Isère pour avoir assassiné son ancienne petite amie, âgée de 17 ans à l’époque du drame.

Les faits remontent au mois d’octobre 2015. L’étudiant vient de se faire plaquer il y a quelques mois par la lycéenne. Celle-ci, tombée enceinte, a dû avorter. Mais lui ne veut rien entendre. Il la harcèle jusqu’à pénétrer au petit matin du 2 octobre dans sa maison familiale à Saint-Jean-de-Moirans, à une vingtaine de kilomètres de Grenoble.

« Un bon camarade »

Vers 8h, il entre dans le salon. La porte est restée ouverte. Il grimpe à l’étage, puis se dirige vers la chambre de Julie. Elle prend peur. Lui demande de partir. Le giffle. Lui n’apprécie pas. Alors il met les mains autour de son cou et l’étrangle jusqu’à l’étouffement. Puis lui donne des coups de couteau.

La mère de Julie, alertée par le bruit, découvre la situation, et se bat avec Simon qui prend la fuite et appelle lui-même les secours. Il sera interpellé quelques minutes plus tard sans montrer de résistance. Julie décédera une heure après à l’hôpital.

Considéré par ses amis comme « un bon camarade, calme et ouvert » mais dans un état de « dépressivité permanente » selon un expert, et particulièrement jaloux, Simon n’a pas supporté la séparation d’avec Julie. La rupture était intervenue peu après un avortement de la jeune fille au début de l’année 2015, au terme d’une relation amoureuse de plus de deux ans.

Pas d’abolition du discernement

Les experts considèrent qu’il n’y a pas d’abolition du discernement, seulement une altération. Pour son avocat, Denis Dreyfus, la matérialité des faits étant établie, deux questions se poseront principalement lors de l’audience : celle de la préméditation, que nie son client, et celle, « compliquée », du « pourquoi un tel passage à l’acte, un tel déferlement de violence » de la part d’un étudiant qui ne présentait, jusqu’à ces faits, que des problèmes de personnalité.

Poursuivi pour assassinat, l’étudiant, dont le casier judiciaire est vierge, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu mercredi.