Toulouse : Lionel Cardon, l’ex-ennemi public n°1, à nouveau à la barre pour des braquages

JUSTICE Condamné à la perpétuité en 1986 pour trois meurtres, Lionel Cardon, ex-ennemi public, doit être jugé à partir de ce lundi par la cour d’assises de Haute-Garonne pour deux home-jackings commis en 2015…

B.C. avec AFP

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Lionel Cardon, en 1984, à sa sortie du Palais de Justice de Bordeaux.
Lionel Cardon, en 1984, à sa sortie du Palais de Justice de Bordeaux. — Rene Jean / AFP
  • Lionel Cardon, 60 ans aujourd’hui, a été condamné à deux reprises à la perpétuité en 1986 pour les assassinats d’un couple de médecins girondins et le meurtre d’un policier parisien.
  • L’ex-ennemi public n° 1 doit être jugé à partir de ce lundi par les Assises de la Haute-Garonne pour les braquages d’une bijouterie et d’une banque postale en 2015, lors desquels il avait séquestré leurs responsables.
  • Lionel Cardon, qui a passé 33 ans de sa vie en prison, a été hospitalisé après une grève de la faim de 80 jours. Son état pourrait être jugé incompatible avec un procès.

Il a passé plus de la moitié de sa vie en prison. Lionel Cardon, ex-ennemi public des années 80, doit revenir à la barre des assises de la Haute-Garonne ce lundi pour une série de home-jackings commis en 2015 près de Toulouse. Si son état de santé le permet.

Après 80 jours de grève de la faim pour protester contre la suppression de sa liberté conditionnelle, le sexagénaire a été hospitalisé et serait « très faible » selon Pierre Blazy, l’un de ses avocats.

Traque et course-poursuite meurtrière

Le visage de l’accusé est loin d’être inconnu aux yeux des Français. Son parcours dans la délinquance démarre en 1981 au moment où il est condamné pour vols aggravés. Deux ans plus tard, lors d’une liberté conditionnelle, en octobre 1983, Lionel Cardon est soupçonné d’avoir participé aux assassinats des époux Aran, un couple de médecins de Pessac, en Gironde.

Identifié par la police, le jeune homme de 25 ans, surnommé « le tueur au foulard blanc » va être traqué durant plusieurs semaines. Le 21 novembre 1983, un simple contrôle routier au cours duquel il a pris la fuite va tourner au drame à Paris. Après une course-poursuite dans les rues de la Capitale, Lionel Cardon a abattu au bois de Boulogne un motard de la préfecture de police, Claude Hochard.

En fuite, quelques jours plus tard il prendra en otage une avocate, sa secrétaire et une journaliste. Le forcené blessera un policier avant de se rendre.

En avril 1986, il sera condamné à la réclusion criminelle « à perpétuité » pour le meurtre de Claude Hochard. Neuf mois plus tard, il écope une seconde fois de la réclusion criminelle à perpétuité dans le cadre des assassinats des époux Aran.

Trois ans après ces jugements, Lionel Cardon a tenté de s’évader. En 1991, il a aussi pris en otage un gardien avec un autre détenu. La boxe derrière les barreaux sera un exutoire à sa colère.

L’impossible réinsertion ?

Lorsqu’il sort de prison en 2012, à 54 ans, Lionel a l’objectif de devenir entraîneur. « Il n’était plus le chien fou qui montait sur le toit de la prison. Tout semblait en place pour sa sortie. Son projet de réinsertion, c’était la boxe. Mais personne ne l’a aidé », déplore son avocat, dénonçant « le manque d’encadrement » des longues peines à leur sortie.

Alors, au cours de sa semi-liberté, il replonge dans les affres de la délinquance. Avec un jeune de 23 ans, ils prennent en otage un couple de bijoutiers de Muret​ à leur domicile, leur font ouvrir le commerce et repartent avec un butin de 20.000 euros.

Lionel Cardon remettra ça trois semaines plus tard chez la responsable d’un bureau de Poste. Sur place, l’ancien ennemi public a laissé des traces ADN. Synonyme de retour à la case prison après avoir été interpellé par le GIGN dans la banlieue de Nice.