Théo, 22 ans, lors d'un rassemblement organisé à Bobigny (Seine-saint-Denis) contre les violences policières le 28 octobre 2017.
Théo, 22 ans, lors d'un rassemblement organisé à Bobigny (Seine-saint-Denis) contre les violences policières le 28 octobre 2017. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

ENQUETE

Affaire Théo: Le jeune homme laissé libre après sa garde à vue, un de ses frères déféré

Théo ainsi que cinq autres personnes, dont deux de ses frères, sont soupçonnés d’être impliqués dans une vaste escroquerie aux aides publiques…

Soupçonné d’être impliqué dans une vaste escroquerie aux aides publiques, Mickaël Luhaka, le frère de Théo, devenu un symbole des violences policières après son interpellation en 2017 à Aulnay-sous-Bois, doit être présenté à un juge jeudi, a appris 20 Minutes auprès du parquet de Bobigny.

Théo, tout comme quatre personnes interpellées mardi matin, dont un autre de ses frères, est ressorti libre mais « le juge d’instruction appréciera ultérieurement les suites à donner » aux gardes à vue, a précisé le parquet.

Soupçon de détournement d’aides publiques

La justice les soupçonne d’avoir détourné des centaines de milliers d’euros d’aides publiques octroyées dans le cadre du dispositif des « emplois d’avenir », mis en place par l’ex-chef de l’Etat François Hollande afin de permettre l’embauche de jeunes chômeurs non diplômés.

Tous les six (les trois frères Luhaka et trois salariés de ces associations, deux jeunes hommes et une jeune femme) étaient entendus depuis mardi matin dans le cadre d’une enquête dirigée par un juge d’instruction pour « escroquerie en bande organisée au préjudice d’un organisme public, abus de confiance, blanchiment, faux et usage de faux, travail dissimulé ».

L’affaire implique une demi-douzaine d’associations se présentant comme des structures de médiation sportive pour les jeunes des quartiers, mais aussi des sociétés. Mickaël Luhaka était le gérant de la société au cœur de l’enquête, « Aulnay Events ».

Une opération de communication déoncé par l’avocat de Théo

D’importantes sommes d’argent ont transité par les comptes bancaires de plusieurs membres de la famille Luhaka, a par ailleurs détaillé à l’AFP une source proche de l’enquête Confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, elle avait été ouverte mi-2016, soit plusieurs mois avant l’interpellation du 2 février 2017 au cours de laquelle Théo avait été grièvement blessé.

Quatre policiers ont été mis en examen, dont l’un pour viol, dans cette affaire au retentissement national.

La révélation dans la presse, quelques semaines plus tard, de l’existence d’une enquête pour escroquerie visant la famille Luhaka avait été interprétée par cette dernière comme une volonté de décrédibiliser son combat « Justice pour Théo ».

Pour Antoine Vey, l’avocat de Théo Luhaka, ce dernier a simplement reçu « des sommes correspondant à son activité dans les associations » de son frère Mickaël et son interpellation relève de l'« opération de communication » pour faire croire « à l’opinion publique que c’est un délinquant ».

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