Toulouse: Trente ans après le casse de la Brink's, l'ex-punk repenti condamné à 5 ans de prison avec sursis

JUSTICE Trente ans après le casse de la Brink’s de Toulouse, Gilles Bertin, ex-chanteur d’un groupe de punk, a été condamné à cinq ans de prison avec sursis. Il s’était livré à la police en 2016 après 28 ans de cavale…

C. Sémat et B. Colin

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Gilles Bertin, l'ex chanteur punk, et son avocat, Christian Etelin, à leur arrivée devant les assises de la Haute-Garonne le 6 juin 2018.
Gilles Bertin, l'ex chanteur punk, et son avocat, Christian Etelin, à leur arrivée devant les assises de la Haute-Garonne le 6 juin 2018. — REMY GABALDA / AFP
  • Gilles Bertin a été condamné à cinq ans de prison avec sursis ce mercredi par la cour d’assises de la Haute-Garonne pour le casse du dépôt de la Brink’s perpétré avec une dizaine de comparses en 1988.
  • Après 28 ans de cavale au Portugal et en Espagne, le quinquagénaire s’est présenté de son plein gré en 2016 à la police.
  • Lors d’un premier procès, il a été condamné en 2004 par contumace.

Il était là de son plein gré, prêt à entendre la sentence de la justice, 30 ans après les faits. Mercredi, Gilles Bertin, a été condamné à cinq de prison avec sursis par les Assises de la Haute-Garonne dans le cadre du casse de la Brink's de Toulouse, perpétré un matin d’avril 1988.

Loin de l’image du chanteur punk toxicomane qu’il était à l’époque, l’homme de 57 ans s’est présenté à la barre avec humilité, sans rien renier, ni la violence, ni son passé.

Mais en véritable repenti. Et c’est dans cet état d’esprit qu’il a franchi un jour de novembre 2016 la frontière franco-espagnole, 28 ans après avoir pris la poudre d’escampette.

Cette reddition, devant les jurés, il a avoué y avoir pensé bien des fois, lui qui vivait depuis des années dans la clandestinité, au Portugal puis en Espagne.

« Payer ma dette »

Cette volonté n’est pas née après sa condamnation en 2004 à dix ans de prison par contumace. Mais bien avant, dès les années 90, au moment où il apprend qu’il a le sida, comme nombre de ses comparses emportés par ce fléau.

« Mais parallèlement, il y a eu la naissance de mon fils, puis j’ai été guéri de l’hépatite C. J’ai encore quelques années à vivre, au moins jusqu’à la majorité de mon fils, et je ne pouvais pas l’élever comme ça. Je me suis rendu à la justice pour payer ma dette », a-t-il expliqué au président de la cour, Guillaume Roussel.

« En 2010, j’ai reçu son coup de fil. Je lui ai dit qu’il courrait de gros risques. Mais il m’a répondu avec force : "Je veux être jugé". Il est venu pour être sincère avec lui-même, avec les faits et avec la justice. Mais c’est surtout par rapport à Tiago qu’il a le désir d’être vrai », a plaidé son avocat, Christian Etelin.

L’avocat général a reconnu que Gilles Bertin « aurait pu attendre 2025 et ne jamais paraître devant la Cour car sa peine aurait été prescrite. Il a pris la peine de revenir en France et d’affronter le juge ». Et que ses 30 ans d’exil, « c’est presque comme une peine. C’est semblable au bannissement ». Mais, face au préjudice des victimes, qui ont refusé de témoigner ou de se porter parties civiles, le représentant du ministère public a requis 5 ans d’emprisonnement. Il a été suivi. Mais les aveux et les regrets de Gilles Bertin ont porté, car cette peine est assortie intégralement de sursis. Il n’ira donc pas en prison.