Val-d'Oise: Une femme jugée pour avoir drogué une mère et enlevé son bébé de 4 jours

KIDNAPPING Une femme de 33 ans est jugée à partir de mercredi et jusqu’à vendredi, aux assises du Val-d’Oise pour « enlèvement et séquestration » d’un mineur et « administration de substance nuisible », le tout avec « préméditation »…

F.H. avec AFP

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un nouveau-né. (Illustration)
un nouveau-né. (Illustration) — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA
  • Une femme avait enlevé pendant 45 minutes un nouveau-né de quatre jours en novembre 2013 à la maternité de Sarcelles.
  • La ravisseuse s’était déguisée en infirmière pour prendre l’enfant après avoir administré des somnifères à la jeune maman.
  • La mère de l’enfant « est toujours traumatisée, cinq ans après » l’enlèvement.

L’enlèvement de cette petite fille de 4 jours a duré 45 minutes. Il s’est terminé à la gare RER de Garges-Sarcelles (Val-d’Oise). Ce mercredi, s’ouvre pour trois jours aux assises du Val-d’Oise le procès pour «  enlèvement et séquestration » d’un mineur et « administration de substance nuisible », le tout avec « préméditation », d’une femme de 33 ans qui avait drogué une mère avant de partir avec son nouveau-né de la maternité de Sarcelles le 18 novembre 2013.

La ravisseuse habillée en blanc et portant un masque respiratoire s’était fait passer pour une aide-soignante ou une infirmière. Une fois dans la chambre de la jeune mère, elle avait administré quatre comprimés de somnifère à celle-ci, lui faisant croire qu’il s’agissait de médicaments contre la douleur. Elle avait alors enlevé l’enfant et quitté la chambre, affirmant l’emmener à la nurserie pour « procéder aux soins habituels », avait raconté à l’AFP une source policière.

C’est l’infirmière en chef qui avait donné l’alerte. Un vaste dispositif avait aussitôt été mis en place pour retrouver le nouveau-né. La ravisseuse avait été interpellée à la gare de Garges avec l’enfant en bonne santé malgré les températures hivernales. La fillette avait été ramenée à l’hôpital et rendue à ses parents.

Le discernement de l’accusée était altéré au moment des faits

La kidnappeuse a reconnu partiellement les faits, sans toutefois donner d’explications claires à son geste. Alors que le parquet avait requis son placement en détention provisoire, son avocat, Me Frédéric Zajac, avait obtenu son placement sous contrôle judiciaire. D’après Me Zajac, l’accusée, dont le discernement était altéré au moment des faits selon l’expertise psychiatrique, souffre de troubles de la personnalité qui peuvent s’expliquer par des viols subis à l’adolescence de la part de son beau-père, un Pakistanais qui a ensuite conclu un « mariage forcé » pour elle au Pakistan alors qu’elle n’avait que 18 ans.

A l’automne 2013, elle était en couple et hébergée chez une amie. « Elle n’avait pas d’enfant mais elle racontait à son entourage qu’elle était enceinte », selon son avocat.

Côté partie civile, la mère de l’enfant « est toujours traumatisée, cinq ans après ». « Elle ne comprend comment il est possible que la ravisseuse ne soit pas en prison », affirme l’avocat des parents, Kamel Aït Hocine.