Lyon: Prison avec sursis requise contre deux leaders de l'ultra droite

JUSTICE Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti étaient poursuivis pour avoir continuer de faire vivre deux groupuscules d'extrême-droite, pourtant dissous en 2013 par le gouvernement...

C.G. avec AFP

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Alexandre Gabriac (R) et Yvan Benedetti (L)à leur arrivée au palais de justice de Lyon où ils étaient jugés pour avoir continuer de faire vivre leur groupuscule d'extrême-droite, pourtant dissous par le gouvernement en 2013 AFP PHOTO / JEFF PACHOUD
Alexandre Gabriac (R) et Yvan Benedetti (L)à leur arrivée au palais de justice de Lyon où ils étaient jugés pour avoir continuer de faire vivre leur groupuscule d'extrême-droite, pourtant dissous par le gouvernement en 2013 AFP PHOTO / JEFF PACHOUD — AFP
  • Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti étaient poursuivis pour avoir continué de faire vivre deux groupuscules d’extrême-droite, pourtant dissous en 2013 par le gouvernement.
  • Cette décision avait été prise par le gouvernement après la mort de Clément Méric, tué par un militant d’extrême droite lors d’une bagarre.
  • Le parquet a requis six mois de prison avec sursis. Ils encourent jusqu'à 7 ans et 100.000 euros d’amende.

Ils seront fixés sur leur sort le 4 juillet. En attendant, six mois de prison avec sursis ont été requis à leur encontre. Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, deux figures de l’ultra-droite, étaient jugés lundi par le tribunal correctionnel Lyon pour avoir continué de faire vivre leur organisation alors que le gouvernement les avait dissoutes.

Le 25 juin 2013, trois semaines après la mort de Clément Méric, Manuel Valls, Premier ministre à l’époque, avait annoncé la dissolution de quatre groupes d'extrême droite, dont l’Œuvre française et les Jeunesses nationalistes. Le militant d’extrême gauche était décédé à la suite d’une bagarre avec des jeunes proches d’un autre groupuscule d’extrême droite, Troisième voie, également dissous.

« Une idéologie incitant à la haine et à la discrimination »

Yvan Benedetti, 52 ans, dirigeait à cette période l’Œuvre française, mouvement pétainiste fondé par Pierre Sidos en 1968. Il avait fondé le mouvement en 2012 après avoir été exclu du Front national - dont il était conseiller municipal à Vénissieux - pour s’être qualifié lui-même « d’antisioniste, antisémite et antijuif ».

Quant à Alexandre Gabriac, 27 ans, lui aussi avait été exclu du FN l'année suivante, après la diffusion d’une photo le montrant en train de faire un salut nazi. Il avait alors fondé les Jeunesses nationalistes.

Les autorités ont dissous les deux organisations en leur reprochant de propager « une idéologie incitant à la haine et à la discrimination » et d’exalter « la collaboration avec l’ennemi », l’OF constituant en outre à leurs yeux une « milice privée ».

Doctrine « extrêmement dangereuse »

Après plusieurs mois d’enquête policière, les deux hommes ont été mis en examen à l'automne 2014 et ils comparaissaient lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir reconstitué ou maintenu les organisations dissoutes grâce à d’autres situées aux mêmes adresses, en participant notamment à des conférences et en diffusant les mêmes idées sur le site internet jeune-nation.com, qui mentionnait leurs agendas.

« A quoi cela sert de dissoudre une organisation si l’on a le droit d’en garder le drapeau, de laisser son nom sur la sonnette, de continuer à organiser des réunions », a lancé le vice-procureur Vincent Lemonier, en dénonçant une doctrine « extrêmement dangereuse ».

« Ce n’est pas tout à fait rien de faire des voyages pour célébrer le régime nazi ou celui de Franco », a ajouté le magistrat qui a aussi réclamé une amende de 15.000 euros pour chacun des prévenus.

Une ligne de défense différente

Durant l’instruction comme à l’audience, les deux hommes n’ont pas eu la même ligne de défense. Alexandre Gabriac assure ne s’être jamais présenté comme dirigeant des JN et n’avoir fait aucune déclaration en leur nom après la dissolution, en plaidant quelques négligences administratives.

Yvan Benedetti revendique, lui, de ne pas respecter les décisions judiciaires « quand elles sont illégitimes » et se présente comme le président « envers et contre tout » de l’Œuvre française, emblème de l’organisation - croix celtique blanche sur fond rouge et bleu - au revers du veston. Ils risquent jusqu'à 7 ans de prison et 100.000 euros d’amende.