Tentative de chantage sur Tony Yoka: «Pour moi, c’était juste un délire», les deux accusés condamnés dix mois de sursis

PROCES Une jeune femme et son beau-frère ont été condamnés à dix mois de prison avec sursis pour avoir tenté de faire chanter le médaillé olympique Tony Yoka…

Caroline Politi

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Le boxeur français Tony Yoka en conférence de presse le 13 octobre 2017 à Paris
Le boxeur français Tony Yoka en conférence de presse le 13 octobre 2017 à Paris — J.E.E/SIPA
  • Deux personnes comparaissaient pour tentative de chantage sur le boxeur Tony Yoka.
  • Le parquet avec requis 18 mois de prison avec sursis.
  • Ils ont été condamnés à dix mois de prison avec sursis.

A les entendre, appuyés à la barre de la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, tout est né d’une blague, presque un défi stupide lancé au cours d’un repas de famille. Début juillet 2017, alors qu’elle vient passer un week-end chez sa sœur et son beau-frère, D., responsable de nuit dans un hôtel parisien, leur raconte avoir vu le boxeur Tony Yoka prendre une chambre avec une jeune femme. L’ hôtelière soupçonne un adultère, le médaillé olympique expliquera plus tard aux enquêteurs qu’il s’agissait simplement d’un rendez-vous professionnel discret. Peu importe, de toute façon, la famille de D. ne la croit pas vraiment mais plaisante pourtant sur l’idée de vendre le scoop à Paris Match ou à Closer.

« Pour moi, c’était juste un délire, je pensais qu’on ne passerait jamais à l’action », confie ce vendredi la jeune femme de 28 ans, en jean et veste en cuir, poursuivie avec son beau-frère, R., pour tentative de chantage. Piquée au vif par le fait de ne pas avoir été crue, elle a envoyé au mari de sa sœur une vidéo de Tony Yoka et de la jeune femme dans le hall de l’hôtel. Et rapidement, le « délire » s’est mué en « plan ». Ensemble, ils discutent de ce qu’ils peuvent faire de ce document, combien ils peuvent en tirer. « On a commencé à parler des sommes, mais je pensais qu’il n’était pas très riche », explique R., jean et veste noir. Une fourchette entre 20.000 et 30.000 euros se dessinent néanmoins.

« Quand vous allez passer dans Closer et Paris Match, vous allez comprendre »

C’est R. qui mène la danse. Alors qu’il pense écrire à la maîtresse du boxeur, il envoie en réalité directement les textos à Tony Yoka, se montre menaçant lorsque ce dernier refuse d’entrer dans la négociation. « Quand vous allez passer dans Closer et Paris Match, vous allez comprendre », « ça fait quoi de coucher avec le mec d’une femme enceinte », écrit-il. L’hôtelière assure avoir ignoré jusqu’à sa garde à vue que son beau-frère était passé à l’acte. Pourtant, par SMS, elle se montre pressente, s’enquiert de l’avancée de leur projet, l’aide à trouver un numéro de téléphone.

« La notoriété entraîne à l’évidence des conséquences assez désagréables », a déploré l’avocat du sportif, Me Rodolphe Bosselut. La tentative de chantage a tourné court après la plainte du sportif. Et l’enquête n’a pas duré bien longtemps : pour faire « cracher » le boxeur, R. a utilisé son téléphone personnel.

« Ce n’est pas une folie de l’instant mais quelque chose qui a été pensé, organisé sur plusieurs semaines », a déclaré le procureur. Pour lui, le projet a été mûri à deux, elle en est à l’initiative, lui a tenu les rênes. Il a requis 18 mois de prison avec sursis, une « peine exemplaire », à l’égard des deux prévenus qui affichent un casier vierge. Le tribunal les a finalement condamnés à dix mois de prison avec sursis et 6.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral. Il a, en revanche, accédé à la requête de ne pas inscrire cette peine à leur casier judiciaire pour qu’elle n’ait pas d’incidence sur leur vie professionnelle.