VIDEO. Libéré après 40 ans de prison, Michel Cardon veut simplement vivre «au jour le jour»

DÉTENTION Condamné à la perpétuité pour un meurtre commis en 1977, Michel Cardon est sorti de prison, ce vendredi matin, après 40 ans passés derrière les barreaux…

V.V.

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Après 40 années de détention, Michel Cardon a quitté la prison de Bapaume (Pas-de-Calais) vendredi 1er juin 2018.
Après 40 années de détention, Michel Cardon a quitté la prison de Bapaume (Pas-de-Calais) vendredi 1er juin 2018. — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • Bénéficiant d’une libération conditionnelle, Michel Cardon est sorti de prison ce vendredi.
  • Condamné à la perpétuité pour un meurtre commis en 1977, il a passé plus de 40 ans en détention.
  • Il va être hébergé et soigné dans un centre de réinsertion du Val-d’Oise.

Même Eric Morain, l’avocat qui l’a sorti de prison, a prévu de le « laisser tranquille », désormais. A 67 ans, dont quarante passés derrière les barreaux, Michel Cardon est sorti de la prison de Bapaume (Pas-de-Calais), ce vendredi matin, pour rejoindre un centre d’hébergement et de réinsertion dans le Val-d’Oise après avoir bénéficié d’une libération conditionnelle.

« Il n’a pas d’envies particulières, explique son avocat à 20 Minutes. Tout ce qu’il désire maintenant, c’est de vivre au jour le jour. » Rechapant de peu à la peine de mort qui avait été requise lors de son procès, Michel Cardon avait finalement été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour un meurtre commis, en 1977, en marge d’un cambriolage qui avait mal tourné.

« Il a vraiment réalisé aujourd’hui »

Sans famille, cet homme légèrement handicapé à la suite d’un AVC avait, semble-t-il, été « oublié » en détention jusqu’à ce que l’avocat Eric Morain ne découvre sa situation et ne lance des démarches pour lui. « Il avait déjà bénéficié de trois permissions de sortie. Mais j’ai le sentiment qu’il n’a vraiment réalisé qu’aujourd’hui qu’il était libre », poursuit son conseil.

Toujours détenu aux yeux de la loi, Michel Cardon demeurera dans un centre médicalisé du Val-d’Oise. Il sera considéré comme bénéficiant d’une libération conditionnelle jusqu’en 2022. « Ses seules obligations sont de répondre aux convocations des juges de l’application des peines et de rester domicilié dans le centre du Val-d’Oise », conclut Eric Morain.

>> Portrait : Michel Cardon, le détenu «oublié»