Après cinq ans de dénégation, un homme accusé de viols reconnaît «tout» pour 5 victimes présumées

PROCES Jugé en appel après avoir été condamné à 13 ans de réclusion, cet ex-militaire a reconnu les viols et agressions sexuelles qui lui étaient reprochés pour cinq de ses onze victimes présumées…

Floréal Hernandez

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Un tribunal. (Illustration)
Un tribunal. (Illustration) — V. WARTNER / 20 MINUTES
  • En mai 2017, cet accro aux sites de rencontres a été reconnu coupable d’avoir violé neuf femmes, parmi lesquelles deux étaient enceintes – dont sa compagne –, d’avoir tenté de violer une dixième victime et agressé sexuellement une onzième.
  • Depuis lundi, il est jugé devant la cour d’appel de Nanterre et au troisième jour de son procès, il est revenu sur ce qu’il niait depuis cinq ans.

Il a « tout » avoué pour cinq de ses victimes présumées. Jugé en appel à Nanterre après avoir été condamné à 13 ans de réclusion pour viols ou agressions sexuelles sur des femmes rencontrées sur internet, un homme de 35 ans est revenu sur ce qu’il niait depuis cinq ans. « Tout ce que disent » les quatre parties civiles « est vrai » : elles « étaient d’accord pour les préliminaires, pas pour le reste », dit-il encore en regardant le banc des parties civiles.

Mangeant ses mots et visiblement ému, cet habitant des Mureaux (Yvelines​) originaire de Martinique, rejeté par sa mère et non reconnu par son père, a été élevé par sa grand-mère puis par sa tante. Il est revenu sur le décès de son aïeule en 2012 avant de passer aux aveux.

« J’étais à la maison [chez sa tante, NDLR], je cherchais pas de travail… C’est là que ma tante m’a dit que je n’étais plus son fils. Ça, ça m’a cassé, ça m’a détruit », dit cet homme qui considérait sa tante comme une mère. C’était « ma seule attache », ajoute-t-il, presque inaudible. « J’ai quitté la maison, j’ai vécu à droite à gauche et me suis mis sur [le site de rencontres] Adopte [un mec], j’ai menti [aux filles contactées] pour pouvoir me débrouiller », poursuit le jeune homme.

Un cinquième viol reconnu

Après ses aveux, il a demandé « pardon » à ses victimes. « Si j’ai nié, c’est parce que j’avais honte de ce que j’avais fait. Je ne me reconnaissais pas dans ce que j’avais fait. » « Aviez-vous conscience que ce que vous faisiez était des viols ? », lui demande de préciser la présidente. « Sur le coup, non ».

Questionné ultérieurement sur ce qu’il reconnaissait pour les sept victimes présumées qui ne se sont, elles, pas portées parties civiles au procès, il n’a cette fois reconnu qu’un viol sur l’une d’entre elles. Pour toutes les autres, elles étaient selon lui soit « consentantes », soit « il ne s’est rien passé du tout ».

En mai 2017, cet accro aux sites de rencontres a été reconnu coupable d’avoir violé neuf femmes, parmi lesquelles deux étaient enceintes – dont sa compagne –, d’avoir tenté de violer une dixième victime et agressé sexuellement une onzième. Le tout aggravé par la circonstance des rencontres en ligne. La cour d’assises des Yvelines avait assorti sa peine de cinq ans de suivi socio-judiciaire et d’une injonction de soins.