Nîmes: Frappés, humiliés et gravement brûlés par des détergents ménagers, le procès de la barbarie

JUSTICE Le directeur d’une grande surface et sa femme, gravement brûlés, ont été torturés et aspergés de détergent. Le procès des hommes soupçonnés de barbarie s’est ouvert…

Jerome Diesnis

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La Cour d'assises de Nîmes
La Cour d'assises de Nîmes — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Leur calvaire avait duré trois heures. Le directeur d’une grande surface de Nîmes (Gard) et sa femme ont vécu l’enfer dans la nuit du 28 au 29 janvier 2014. Ce soir-là, deux hommes s’étaient introduits à leur domicile. Persuadés que le couple détenait un coffre-fort, ils s’étaient acharnés sur leurs victimes qu’ils avaient ligotés, frappés, humiliés et aspergés de détergents ménagers pour tenter d’obtenir les clés de ce coffre qui n’existait pas. « Vous avez le sentiment de brûler à l’intérieur. C’est insupportable », a expliqué l’une des victimes à la barre.

Les agresseurs étaient finalement repartis avec l’une des voitures du couple (retrouvée brûlée à Nîmes), des bijoux, des téléphones portables et des cartes de crédit. Brûlé sur 20 % de la surface du corps, l’homme a subi six opérations sous anesthésie générale. Les brûlures de sa femme se sont étalées sur 6 % de la surface de son corps. Tous deux sont restés hospitalisés quatre mois. « Ils avaient une certaine jouissance à nous taper dessus », témoigne à la barre le directeur agressé.

Les deux accusés nient les faits qui leur sont reprochés

Deux hommes, un Nîmois de 23 ans et un habitant de Saint-Gilles de 28 ans, sont jugés par la cour d’assises du Gard, poursuivis pour arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire avec torture ou acte de barbarie commis en bande organisée.

Ils ont été arrêtés en octobre 2015. Tous deux crient leur innocence. Leur avocat devrait plaider l’acquittement. Le verdict est attendu mercredi.