Illustration du tribunal de grande instance de Rennes, au sein de la Cité judiciaire.
Illustration du tribunal de grande instance de Rennes, au sein de la Cité judiciaire. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

JUSTICE

Rennes: «J’étais en train de vomir au volant»... Au tribunal correctionnel, c’est «audience muscadet» le mardi matin

Plusieurs infractions routières étaient examinées ce mardi, notamment des cas d’alcool au volant...  

  • L’audience du mardi matin est consacrée aux infractions routières au tribunal correctionnel de Rennes.
  • Dans le milieu judiciaire, elle est familièrement appelée « audience muscadet ».
  • Parmi les prévenus, beaucoup sont en état de récidive légale.

Les sanctions ne semblent pas décourager certains automobilistes imprudents ou inconscients, c’est selon. Dans les tribunaux français, les affaires de délits routiers s’accumulent. Ce mardi matin devant le tribunal correctionnel de Rennes, douze affaires sont examinées au cours de l’audience, familièrement appelée « l’audience muscadet ». Quatre concernent des conduites sous l’empire d’un état alcoolique ou en état d’ivresse manifeste.

Parmi les prévenus, beaucoup d’habitués des prétoires. C’est le cas de cet homme de 25 ans, déjà condamné trois fois pour des délits routiers. Le 15 décembre à Melesse, au nord de Rennes, il avait zigzagué sur la chaussée et fini sa course dans un fossé après un pot très arrosé avec ses collègues de travail. « J’étais en train de vomir alors que je conduisais, je voyais tout noir », affirme le prévenu à la barre, fondant en larmes en évoquant ses problèmes d’alcool. Malgré son casier judiciaire, le tribunal se montre plutôt clément et le condamne à deux mois de prison avec sursis et 150 euros d’amende avec interdiction de repasser son permis de conduire avant trois mois.

Un capitaine de soirée plus alcoolisé que le conducteur

Juste après, un autre habitué du tribunal se présente devant la présidente. Il lui est reproché d’avoir conduit avec un gramme d’alcool dans le sang le 17 décembre à Sens-de-Bretagne, au nord-est de Rennes. Pour ne rien arranger à ses affaires, il avait refusé d’obtempérer aux injonctions des gendarmes et conduisait malgré l’interdiction de son permis de conduire. « J’ai vu du bleu et j’ai tourné précipitamment. Mais je n’ai pas vu les gestes des gendarmes », se défend-il à la barre.

Déjà condamné pour conduite avec alcool en 2016 et 2017, il avait cette fois pris le volant pour suppléer le capitaine de soirée désigné, encore plus alcoolisé que le prévenu. Ce dernier écope finalement d’une peine de trois mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans avec obligation de soins. Il a par ailleurs interdiction de passer son permis pendant trois mois.

Cinquante-quatre morts sur les routes d’Ille-et-Vilaine en 2017

Quand ce n’est pas l’alcool, c’est le permis de conduire qui fait défaut chez certains conducteurs. Exemple avec cet homme de 33 ans, contrôlé le 16 février à Iffendic, à l’ouest de Rennes. Malgré quatre suppressions de permis, il estime « être prudent au volant ». La présidente tique un peu et lui rappelle ses précédentes condamnations pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique. « Vous allez avoir du mal à nous convaincre que vous êtes un conducteur prudent. Vous êtes un danger sur la route », lui assène-t-elle.

L’homme s’en sort finalement plutôt bien avec une condamnation à un mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende. « C’est du sursis pour l’instant. Mais attention, ce serait vraiment dommage de se retrouver en prison alors que vous faites des efforts d’insertion », prévient la présidente, le nez déjà plongé dans les autres dossiers de la matinée.

En 2017, 54 personnes ont perdu la vie dans un accident sur les routes d’Ille-et-Vilaine, dont 16 accidents mortels causés par la prise d’alcool et/ou de produits stupéfiants.