VIDEO. Le bijoutier de Nice, qui a tué son braqueur, jugé ce lundi

Justice Victime d’un vol à main armé, Stephan Turk a abattu l’un de ses braqueurs qui prenait la fuite en scooter le 11 septembre 2013…

Mathilde Frénois

— 

Stephan Turk, le bijoutier braqué, le 18 septembre 2013 à Nice
Stephan Turk, le bijoutier braqué, le 18 septembre 2013 à Nice — Jean Christophe Magnenet AFP
  • Stephan Turk sera jugé à partir de ce lundi par la cour d’assises des Alpes-Maritimes.
  • Il plaide la légitime défense.

Il est « le bijoutier de Nice ». Celui qui porte le symbole de la légitime défense. L’homme aux 1,3 millions de « j’aime » sur Facebook. Lui, c’est Stephan Turk. A 71 ans, il est jugé à partir de ce lundi par la cour d’assises des Alpes-Maritimes pour des faits qualifiés de meurtre et pour détention sans autorisation d’arme ou de munition.

Le destin de Stephan Turk bascule le 11 septembre 2013 à 8h45. Alors qu’il ouvre son commerce, deux braqueurs armés commettent un vol à main. « Monsieur Turk s’emparait d’une arme lui appartenant avec laquelle il faisait ensuite feu sur les deux hommes qui repartaient en scooter. Il touchait mortellement l’un d’eux : Monsieur Anthony Asli », détaille Jean-Michel Prêtre, procureur de la République de Nice.

« Il parle d’instinct »

Quatre après, et alors que le braqueur qui a survécu a été condamné à dix ans de réclusion criminelle, Stephan Turk fera face aux jurés. « A partir du moment où Stephan Turk dit ‘Je suis menacé par un homme qui a un fusil et qui braque son arme dans ma direction’, il y a légitime défense, estime son avocat Me Franck De Vita. A mon sens, il n’avait pas d’autre choix. Il parle d’instinct, de réflexe. »

Des arguments loin de convaincre la famille du braqueur tué sous les balles du bijoutier, Anthony Asli, qui s’est porté partie civile. « Dans un état de droit, c’est à la justice de faire justice et à personne d’autre, estime son conseil Me Philippe Soussi. Il y a des charges suffisantes pour renvoyer Stephan Turk devant la cour d’assises, écartant sans ambiguïté la légitime défense. » Le procès devrait durer jusqu’à vendredi.

>> A lire aussi : Nice: La cour d'assises repasse le film du braquage du «bijoutier de Nice»