Meurtre de Sophie Lionnet: «Je vis un cauchemar», témoigne la mère de la jeune fille au pair tuée à Londres

FAITS DIVERS Dans une déclaration lue jeudi par la police après le verdict, Catherine Devallonné a décrit une «jeune fille réservée, timide, toujours souriante (...) C'était une jeune fille douce»...

20 Minutes avec AFP

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Sophie Lionnet, la jeune fille au paire retrouvée assassinée à Londres
Sophie Lionnet, la jeune fille au paire retrouvée assassinée à Londres — Shutterstock/SIPA

«Sophie avait seulement débuté sa vie», a souligné la mère de la jeune fille au pair française tuée en septembre 2017 par ses employeurs à Londres, avouant qu'elle ne voulait pas qu'elle parte de la maison. Dans une déclaration lue jeudi par la police après le verdict, Catherine Devallonné a décrit une «jeune fille réservée, timide, toujours souriante (...) C'était une jeune fille douce».

«J'ai dit à Sophie de faire attention. J'étais inquiète», a-t-elle raconté, soulignant que son seul voyage à l'étranger avant Londres, c'était au camp de concentration d'Auschwitz. «Elle s'intéressait au sort des juifs pendant la guerre». Quand la police a appris à la famille la nouvelle de la mort de la jeune fille de 21 ans, «que Sophie avait été assassinée et son corps démembré, je suis tombée en état de choc. J'ai été hospitalisée. Je vis ce cauchemar depuis».

«Plus rien n'a de sens»

Le cadavre carbonisé de Sophie Lionnet avait été retrouvé dans le jardin de ses employeurs le 20 septembre. «La soeur de Sophie est bouleversée. Son frère est traumatisé mentalement. Il refuse de croire ce qui est arrivé à Sophie», a-t-elle ajouté, soulignant qu'il était «sous traitement psychologique» et avait été «placé en famille d'accueil (pendant la durée du procès). Plus rien n'a de sens».

«Sophie a pris soin de leurs enfants», a-t-elle dit à l'intention de Sabrina Kouider et Ouissem Medouni, déclarés coupable de son meurtre par la cour criminelle londonienne de l'Old Bailey, fustigeant leurs «mensonges».

«Ces monstres lui ont enlevé sa dignité et finalement sa vie»

«Vous êtes aussi maléfiques l'un que l'autre. Vous pouvez verser autant de larmes de crocodiles l'un que l'autre», a ajouté la mère de la Sophie. «Ces monstres l'ont battue à mort. Ils l'ont laissée affamée (...) Ils lui ont enlevé sa dignité et finalement sa vie».

Les dernières images de Sophie, dans la vidéo filmée par ses meurtriers qui lui faisaient subir des interrogatoires violents, «me hanteront jusqu'à la fin de ma vie», a-t-elle poursuivi. «Mon coeur est brisé, éclaté en mille morceaux».

Dans sa déclaration, également lue après le verdict, le père de Sophie, Patrick Lionnet, séparé de Catherine Devallonné, a souligné continuer de vivre un «cauchemar». «Sabrina et Ouissem n'ont pas seulement pris la vie de Sophie, ils ont pris la mienne, mon sommeil, ma joie de vivre», a-t-il dit. «Ce que Sabrina et Ouissem ont fait à mon bébé est hors de toute compréhension. C'est impardonnable».

«Elle ne supportait pas de voir souffrir les autres»

Disant de Sophie qu'elle était sa «fierté» et sa «joie», il a souligné l'avoir encouragée de son côté à aller à Londres. «Sophie était bienveillante. Elle aimait les enfants et les animaux. Elle ne supportait pas de voir souffrir les autres. C'est elle qui a souffert en silence, encaissant les coups et recevant les blessures. Elle était prisonnière».

La police a souligné que la jeune femme, embauchée pour s'occuper des deux petits garçons que Sabrina Kouider a eu de compagnons différents, avait subi des mois de maltraitance physique et psychologique, avant sa mort en septembre 2017. «Je veux partir», «J'ai peur», avait-elle écrit dans des messages écrits montrés à l'audience.