D'anciens ouvriers d'Etat de la Monnaie de Paris employés à Pessac, sont devant la justice pour leur exposition à l'amiante.  - Photo : Sebastien Ortola
D'anciens ouvriers d'Etat de la Monnaie de Paris employés à Pessac, sont devant la justice pour leur exposition à l'amiante. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

JUSTICE

Gironde: Les salariés de la Monnaie de Pessac exposés à l’amiante déboutés en appel

La Cour d’Appel n’a pas reconnu le préjudice car l’établissement de la Monnaie de Paris à Pessac n’est pas officiellement classé « amianté »…

  • La demande d’indemnisation de 77 retraités de la Monnaie de Paris à Pessac, au titre d’un « préjudice d’anxiété » a été refusée par la Cour d’Appel de Bordeaux.
  • Les salariés expliquent avoir été exposés à l’amiante et au total 240 salariés ont fait l’objet d’un suivi médical mais la justice a retenu que le site n’était pas officiellement classé comme « amianté ».

C’est une très mauvaise nouvelle pour les 77 salariés et retraités de la Monnaie de Paris à Pessac qui réclamaient chacun 100.000 euros d'indemnités pour « préjudice d'anxiété » lié à une exposition prolongée à l’amiante. La Cour d’appel de Bordeaux vient de les débouter, avançant que cet établissement n’était pas officiellement classé « amianté », a expliqué Alain Bernon, retraité de la Monnaie de Paris à Pessac et président de l’association de salariés « SOS Monnaie ».

Les 77 plaignants ont décidé de ne pas se pourvoir en cassation. « On est sûr de perdre d’avance puisque la cour d’appel s’est appuyée sur une décision de la cour de cassation pour nous débouter », a précisé Alain Bernon.

« 240 personnes ont eu un suivi médical »

« On est déçu bien sûr, et écœuré parce qu’il y a eu 240 personnes qui ont eu un suivi médical et avec tout ça on n’est pas reconnus. La justice nous dit qu’on n’a pas le droit d’être inquiets pour notre santé », a-t-il déclaré.

L’indemnisation que les 77 plaignants réclamaient correspondrait à un montant de 10 et 14 euros par jour de travail (hors congés) sur l’ensemble de leur carrière, d’une durée en moyenne de 30 à 40 ans, selon leur conseil Me Béatrice Ledermann.

Pour Me Ledermann, l’objectif de ce procès en appel était « de démontrer la réalité de l’exposition des salariés à l’amiante mais aussi les manquements de l’employeur à ses obligations de sécurité », notamment la fourniture d’équipements de protection adaptés, et la mise en œuvre d’analyses de poussière chaque mois. Mais la Monnaie de Paris estime ne pas être soumise aux obligations de réparations puisque le site n’est pas classé officiellement comme « amianté ».