Chambéry: Un chasseur jugé pour avoir abattu quatre ânes

PROCES L’homme de 39 ans assure qu’il les a confondus avec des biches…

Caroline Girardon

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Le chasseur suisse qui avait tué quatre ânes en septembre en Savoie, sera jugé le 24 mai devant le tribunal correctionnel de Chambéry.
Le chasseur suisse qui avait tué quatre ânes en septembre en Savoie, sera jugé le 24 mai devant le tribunal correctionnel de Chambéry. — CATERS/SIPA
  • Un chasseur suisse de 39 ans sera jugé ce jeudi à Chambéry pour avoir tué quatre ânes lors d’une battue en septembre.
  • Il assure les avoir confondus avec des biches.
  • Des explications qui n’ont guère convaincu jusque-là.

Une terrible méprise ou un acte de cruauté délibéré ? Pour l’heure, les explications de l’intéressé n’ont guère convaincu. Un chasseur suisse de 39 ans sera jugé ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Chambéry en Savoie, pour avoir abattu quatre ânes de randonnée, le 17 septembre dans le petit village d’Arith.

L’homme, qui participait à une battue ce jour-là, s’est éloigné des sous-bois pour se franchir les limites de la propriété privée de Sandrine Lassiaille. Là où gambadaient tranquillement ses cinq équidés, élevés pour emmener des promeneurs en randonnée dans le massif des Bauges.

Deux ânes tués sur le coup, deux autres euthanasiés

Fanfan et Mistral ont été tués sur le coup après avoir eu la tête et le cœur perforés de balles. Moustique gravement mutilé a dû être euthanasié. Tout comme Ulule. L’âne qui se tenait encore debout, avait pourtant les deux pattes arrière brisées. Seul Safran a échappé au massacre. Onze douilles ont été découvertes sur place, à 50 mètres des animaux. Le chasseur s'est contenté de dire qu'il les avait pris pour des biches. Des explications qui laissent dubitatives Ariane Kabsch, l’avocate de la plaignante.

« Les gendarmes soulignent que même à 50 mètres, on ne peut pas confondre un âne et une biche », souligne-t-elle. « Il lui est reproché de ne pas avoir identifié sa cible et d’avoir fait preuve d’actes de cruauté envers des animaux domestiques. Il n’a absolument pas réfléchi, il a rechargé son fusil au moins trois fois ».

Vers un procès exemplaire ?

L’avocate attend ainsi un procès exemplaire pour montrer « qu'on ne peut pas massacrer impunément des animaux domestiques ». « Ce ne sont pas des choses mais bien des êtres vivants qui ont été tués de sang-froid », appuie-t-elle. « Les chasseurs ne lui trouvent d’ailleurs aucune excuse. » LOffice national de la chasse et de la faune sauvage a d’ailleurs rendu un rapport accablant, évoquant l’expérience du Suisse, qui avait déjà tiré sur des biches auparavant et qui connaissait donc les caractéristiques de ce gibier.

L’homme encourt deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

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