Altercation avec la ligue de protection des oiseaux : «L’homme en slip» jugé en appel à Pau

JUSTICE Jean-Marc Dutouya, qui avait été condamné en février 2017 à 800 euros d’amende pour des violences envers des militants écologistes, est rejugé en appel devant la Cour de Pau ce jeudi, après un appel du Parquet, qui avait demandé de la prison avec sursis…

Elsa Provenzano

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Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO s'était rendu chez un Landais pour dénoncer le braconnage de pinsons. Une altercation a suivi.
Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO s'était rendu chez un Landais pour dénoncer le braconnage de pinsons. Une altercation a suivi. — GAIZKA IROZ / AFP
  • Jean-Marc Dutouya, renommé « l’homme en slip », est jugé en appel devant la Cour de Pau pour une altercation survenue en 2015 avec des écologistes, après un appel du parquet de Dax.
  • En première instance, le Landais avait été condamné à une amende de 800 euros pour violences envers des membres de la ligue de protection des oiseaux (LPO) alors que le ministère public avait demandé une peine de 3 mois de prison avec sursis.
  • L’avocat du prévenu, maître Frédéric Dutin, espère une dispense de peine pour son client.

Le Landais Jean-Marc Dutouya, surnommé « l'homme en slip » est jugé devant la Cour d’appel de Pau ce jeudi après un appel du parquet. En première instance, en février 2017, il a été condamné à 800 euros d'amende pour  violences sur des membres de la ligue de protection des oiseaux, qui s’étaient introduits dans son champ de tournesol pour y désamorcer des pièges destinés selon eux à capturer des pinsons, une espèce protégée.

Le Parquet, qui avait requis trois mois de prison avec sursis, a fait appel du jugement. Lors du premier procès, il avait été relaxé concernant la chasse prohibée, le tribunal considérant que les pièges visaient des alouettes, non protégées.

« Un grave préjudice occasionné à son image »

Lors de l’irruption sur sa propriété des écologistes, Jean-Marc Dutouya, était sorti précipitamment de chez lui, en tenue légère et la pelle à la main, pour les expulser. La LPO était accompagnée d’équipes de télévision et les images captées ont beaucoup tourné sur Internet, faisant l’objet de nombreux détournements. Récemment, son image a même été incrustée sur une photo officielle où figurent Donald Trump et Emmanuel Macron.

Frédéric Dutin, l’avocat de Jean-Marc Dutouya, parle d’un « grave préjudice occasionné à son image », par tout le tapage médiatique autour de cette affaire. Il indique que son client « fait l’objet d’un suivi psychologique ». Il rappelle que le tribunal a considéré qu’il pratiquait une chasse autorisée. Selon ses arguments, les militants écologistes ont pénétré indûment sur une propriété privée.

« Il n’aurait pas dû avoir de réaction violente »

« On a tous pris des coups, j’ai essayé de calmer le jeu », déclare Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, lors de l’enquête, précisant qu’on lui a abîmé ses lunettes et qu’il a été griffé au visage. « Mon client sait très bien qu’il n’aurait pas dû avoir de réaction violente, assure maître Frédéric Dutin. Mais je rappelle qu’il est sorti de chez lui, en slip, parce qu’il y voit des hommes qui n’ont rien à y faire. Il y a une horde de caméras braquées sur lui et sa mère est agressée et se retrouve à terre, son sang n’a alors fait qu’un tour ». Allain Bougrain-Dubourg a lui décrit une grand-mère qui simulait une chute.

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Pour les faits de violences, l’avocat tentera d’obtenir ce jeudi une déclaration de culpabilité avec une dispense de peine. Les représentants des chasseurs landais devraient suivre attentivement cette nouvelle audience au cours de laquelle tous les faits, y compris ceux de braconnage, seront réévoqués. Le jugement devrait être mis en délibéré.

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