Le palais de justice de Grasse
Le palais de justice de Grasse — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

JUSTICE

Cannes: «Il y a une bombe dans le bus», des Azuréens condamnés pour apologie du terrorisme

« S’il y a une bombe qui pète ici je serais bien content, je les féliciterais ! », a affirmé l'un d'eux... 

Deux Azuréens ont écopé de peines de prison et de lourdes amendes pour des faits d’apologie du terrorisme survenus la semaine dernière, rapporte Nice-Matin. « Il y a une bombe dans le bus, je reviendrai demain en poser une autre ! » « S’il y a une bombe qui pète ici je serais bien content, je les féliciterais ! »

Ces propos, tenus les 15 et 17 mai dernier par un réparateur en électroménager de 38 ans ainsi qu’un auto-entrepreneur électricien de 57 ans, ont valu à leurs auteurs de lourdes condamnations auprès du tribunal de grande instance de Grasse. Les deux individus présentés en comparution immédiate la semaine dernière ont écopé respectivement de trois mois de prison ainsi que d’une amende de 1.350 euros à payer dans un délai de trois mois.

Une brigade de démineurs est dépêchée sur place

Passablement énervé par le coût des titres de transport en commun qu’il emprunte régulièrement, le premier prévenu, Mohammed, 38 ans, fortement alcoolisé, décide de s’en prendre mardi dernier aux contrôleurs, relate le quotidien local. Avant d’indiquer, devant des passagers médusés, avoir placé une bombe dans le bus. Une brigade de démineurs est dépêchée sur place pour fouiller le bus à la recherche d’explosif. Le trafic, lui, est impacté le temps des recherches.

Recherches qui ne donneront rien. Sommé de s’expliquer, le prévenu, déjà condamné pour « atteinte sexuelle », « vols aggravés » ou encore « vols en réunion », explique avoir bu et « fait une grosse bêtise ». Sans toutefois convaincre le procureur de la République, qui requiert trois mois de prison. Sanction suivie par le juge.

Jusqu’à sept ans de prison et 75.000 euros d’amende

Antoine confesse, lui, « qu’on lui dit souvent d’essayer de réfléchir avant de parler ». Pourtant, alors qu’il réalise jeudi dernier des travaux pour un commerce en face au Palais des Festival, l’entrepreneur est réprimandé par un vigile à la suite d’une manœuvre mal maîtrisée avec son engin. C’est à ce moment qu’il indique qu’il se réjouirait si une bombe explosait à cet endroit.

Interpellé par la police, il se retrouve successivement en garde à vue puis dans le box des prévenus. La défense n’obtient pas sa relaxe. Antoine sera condamné par le tribunal à 1.350 euros à payer dans un délai de trois mois. S’il ne s’exécute pas, il effectuera une peine en prison.

Plusieurs condamnations

A la suite des attentats de l’Aude, les condamnations pour apologie du terrorisme se sont multipliées. Un ancien candidat de la France Insoumise, Stéphane Poussier, avait ainsi écopé d’un an de prison avec sursis pour avoir publié deux tweets dans lesquels il se réjouissait de la mort du gendarme Arnaud Beltrame.

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Une militante vegan avait quant à elle été condamnée de sept mois de prison avec sursis, pour s’être réjouie de la mort du boucher du Super U de Trèbes. « Le fait de provoquer directement des actes de terrorisme ou de faire publiquement l’apologie de ces actes » peut être sanctionné jusqu’à sept ans de prison et 75.000 euros d’amende.