Déplacement d'Emmanuel Macron à Las Vegas: Les explications de Muriel Pénicaud face aux juges

ENQUETE Les juges enquêtent sur des soupçons de favoritisme et de recel de favoritisme, dans le cadre d’un déplacement d’Emmanuel Macron à Las Vegas…

20 Minutes avec AFP

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Muriel Pénicaud et Emmanuel Macron, le 22 septembre 2017 à l'Elysée.
Muriel Pénicaud et Emmanuel Macron, le 22 septembre 2017 à l'Elysée. — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

Muriel Pénicaud était-elle au courant des dysfonctionnements dans l’organisation de ce déplacement d’Emmanuel Macron à Las Vegas ? La ministre du Travail a été placée sous le statut de témoin assisté après plusieurs d’heures d’audition ce mardi chez les juges.

Cinq heures après son arrivée au pôle financier du nouveau palais de justice, Muriel Pénicaud est repartie. La ministre du Travail évite donc une mise en examen dans cette enquête pour « favoritisme et recel de favoritisme » visant Business France (BF), l’organisme public de promotion de l’économie française à l’étranger dont elle était directrice générale à l’époque.

Pas de mise en concurrence

Le 6 janvier 2016, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie qui cachait de moins en moins ses ambitions présidentielles, avait rencontré des centaines d’entrepreneurs français lors d’une soirée au Consumer Electronics Show (CES), grand-messe de l’innovation technologique.

Contrainte de monter cette opération de plus de 300.000 euros en urgence sous la pression du cabinet du ministre, BF l’avait intégralement confiée à l’agence Havas, sans recourir à la mise en concurrence prévue par le code des marchés publics pour de telles sommes.

Un rapport de Bercy à l’origine de l’enquête

Havas affirme au contraire avoir été sollicité légalement en vertu d’un contrat-cadre signé six mois plus tôt avec BF et qui lui octroyait une forme d’exclusivité. Pour l’évènement, l’agence avait perçu 289.019 euros, après renégociation.

Les enquêteurs cherchent néanmoins à déterminer si Havas a pu être favorisé par rapport à ses concurrents et si Muriel Pénicaud a eu connaissance en amont des modalités d’organisation et d’éventuels dysfonctionnements, ce qu’elle a toujours nié.

C’est un rapport critique de l’Inspection générale des finances (IGF) transmis par Bercy qui avait conduit le parquet de Paris à ouvrir cette enquête en mars 2017, confiée le 7 juillet à trois magistrats instructeurs.