Toulouse: Une femme condamnée a six mois de prison pour avoir refusé d'enlever son niqab

JUSTICE La femme en niqab, dont l’interpellation mouvementée le 15 avril avait suscité la polémique à Toulouse, a été condamnée ce jeudi à six mois de prison dont trois mois ferme…

Beatrice Colin

— 

Code Dalloz lors d'une audience au Tribunal de Grande instance de Toulouse.15/09/2010 Toulouse
Code Dalloz lors d'une audience au Tribunal de Grande instance de Toulouse.15/09/2010 Toulouse — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES
  • Une habitante de Bellefontaine a été condamnée à six mois de prison dont trois mois ferme, jeudi, par le tribunal correctionnel de Toulouse pour rébellion, dissimulation du visage dans un espace public et outrages après un contrôle d’identité mouvementée. Elle va faire appel.
  • Son arrestation avait suscité la polémique et justifié pour certains les nuits d’émeutes qui ont suivi à Toulouse.
  • Son avocat a indiqué que dans cette affaire une plainte pour violences policières avait été déposée il y a deux jours.

Son arrestation mouvementée le 15 avril avait créé la polémique et enflammé les réseaux sociaux, au point d’être une justification des émeutes qui ont suivi dans le quartier du Mirail.

Une habitante de 37 ans a été condamnée jeudi matin par le tribunal correctionnel de Toulouse a six mois de prison, dont trois mois ferme sans mandat de dépôt, pour outrages, dissimulation du visage dans un espace public, rébellion et menaces de morts à l’encontre de policiers.

Les juges sont allés au-delà des réquisitions du procureur qui réclamait à l’encontre de cette femme, portant un niqab, deux mois de prison ferme. Lors d’un contrôle d’identité à Bellefontaine alors qu’elle était en train de faire du sport avec ses enfants, elle a présenté aux forces de l’ordre une photocopie de ses papiers, jugés de mauvaise qualité. Et aurait refusé de se dévoiler.

Exploitation des vidéos

Les policiers l’avaient alors interpellée sans ménagement, sous le regard des riverains dont certains ont filmé la scène, diffusée après sur les réseaux sociaux.

« Nous sommes extrêmement en colère de cette décision. Nous sommes initialement dans un dossier de contravention dans le cadre d’un contrôle d’identité. Les policiers mettaient en cause la qualité de la photocopie, il suffisait de la faire vérifier », insiste l’avocat de la Toulousaine, Samim Bolaky qui a fait appel du jugement.

Sa cliente conteste l’intégralité de ce qui lui est reproché, notamment les propos outrageants qu’elle aurait prononcés. Samim Bolaky déplore aussi qu’une seule vidéo de l’interpellation ait été exploitée.

« Nous avions fait une demande d’information supplémentaire qui a été rejetée. Car des éléments ne sont pas dans l’enquête, il y a des vidéos claires qui montrent qu’elle a été tirée par les pieds. Les accusations que ma cliente a formulées n’ont pas été prises en compte », plaide l’avocat. Au nom de l’association Baraka City, il a déposé il y a deux jours une plainte pour violences policières dans ce dossier.