VIDEO. Marseille: A la barre, la famille de Yannick Sansonetti accable Lidl, l’enseigne nie toute implication

TRIBUNAL Yannick Sansonetti s’est suicidé sur son lieu de travail. A la barre, l’avocate de Lidl a dénoncé « des propos dénigrants » de la partie adverse…

Mathilde Ceilles

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La devanture d'un magasin Lidl (illustration).
La devanture d'un magasin Lidl (illustration). — M. Libert / 20 Minutes
  • Yannick Sansonetti, employé de Lidl, s’est suicidé sur son lieu de travail.
  • Les avocats de la famille de Yannick Sansonetti ont dénoncé à la barre un système de management par le stress sciemment mis en place.
  • A l’audience, l’avocate de Lidl a réfuté en bloc les accusations.

Le premier acte s’est ouvert ce mercredi, tôt dans la matinée, dans la toute petite salle du tribunal des affaires de la sécurité sociale de Marseille. Il s’agit du premier volet judiciaire de cette affaire très médiatique : celle d’un suicide, au cœur notamment d’un numéro du magazine Cash Investigation. Pour rappel, en 2015, un employé de Lidl, Lien : Yannick Sansonetti, s’est pendu dans « son entrepôt » de Rousset dans les Lien : Bouches-du-Rhône, comme le rappelle à l’audience l’avocat du frère et de la mère de cet employé, Me François Burle.

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Devant la présidente du tribunal, les avocats de la famille Sansonetti ont longuement tenté de démontrer la faute inexcusable de l’employeur dans ce qui a été reconnu comme un accident du travail. « Le nouveau directeur régional est un adepte de la politique managériale par le stress, qui génère des situations de souffrance au travail, avance à la barre , avocat de la compagne de Yannick Sansonetti. Dès son arrivée, se multiplient les arrêts de travail dans une proportion inconnue. »

L’avocate de Lidll dénonce « des propos dénigrants »

Et d’ajouter : « Lidl a mis en place une politique sciemment réfléchie de harcèlement, et n’a pris aucune mesure contre cela », alors que, selon l’avocat, la situation était connue de l’entreprise, et notamment rapportée par le Lien : Cash Investigation​.

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Des accusations que réfute en bloc l’avocate de la société Lidl, Me Brigitte Beaumont, qui dénonce « des propos dénigrants ». « Le sujet, c’est Yannick Sansonetti, pas la société Lidl », rappelle-t-elle. Or, selon elle, aucune alerte n’avait été faite concernant l’état de détresse et de souffrance de ce salarié, notamment lors du dernier entretien annuel précédant sa mort.

Le rapport de la discorde

« C’est un jeune homme qui avait pris ses congés, qui était parti en vacances, qui avait un rythme de vie tout à fait normal », ajoute-t-elle. Son poste était selon l’avocate à la hauteur de ses compétences, Yannick Sansonetti ayant fait régulièrement l’objet de formations.

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C’est alors que la présidente l’interroge : « Et le rapport du CHSCT de 2015 ? » L’avocate hésite. Plus tôt, l’avocat de la famille Sansonetti avait en effet mentionné le fait que Lidl refusait de communiquer à la famille l’intégralité du rapport d’enquête interne diligenté peu après le suicide de Yannick Sansonneti.

Une procédure pénale en cours

« Je n’ai pas à répondre des pressions violentes à ma gauche et à ma droite » s’agace Me Beaumont. L’ambiance se tend. « N’importe quoi », s’emporte Me Lounis. « Pas de pression », rétorque la présidente. « Que vous vous en faisiez le porte-parole aujourd’hui, je ne comprends pas… », s’irrite Me Beaumont. « Cela a été soulevé pendant le débat, répond la présidente. La queston est simple : est-ce que vous l’avez communiqué ? » « Bien sûr que non », finit par lâcher Me Beaumont.

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Une audience tendue au cours de laquelle la mère de Yannick Sansonetti est sortie visiblement secouée. « Ça fait trois ans que je ferme ma gueule, et ça continue », confie-t-elle, les larmes aux yeux. La décision, mise en délibéré à juillet prochain, pourrait grandement peser sur une autre procédure en cours. L’affaire fait en effet l’objet, actuellement, d’une enquête pénale.