Grenoble: Le psychiatre d'un schizophrène meurtrier condamné en appel

JUSTICE La cour d'appel de Grenoble a confirmé la condamnation à 18 mois de prison avec sursis...

20 Minutes avec AFP

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Deux médecins de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève (Isère) ont été mis en examen jeudi pour homicide involontaire, cinq ans après le meurtre d'un étudiant grenoblois par un schizophrène qui s'était échappé de l'hôpital, a-t-on appris auprès du parquet.
Deux médecins de l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève (Isère) ont été mis en examen jeudi pour homicide involontaire, cinq ans après le meurtre d'un étudiant grenoblois par un schizophrène qui s'était échappé de l'hôpital, a-t-on appris auprès du parquet. — Philippe Merle AFP
  • La cour d’appel de Grenoble a confirmé la peine de 18 mois de prison avec sursis à l’encontre du docteur Lekhraj Gujadhur.
  • Le psychiatre avait autorisé une sortie non surveillée d'un patient schizophrène dans le parc du centre hospitalier.
  • L’homme, qui s’était échappé de l’établissement, avait mortellement poignardé un étudiant de 26 ans.

La cour d'appel de Grenoble a confirmé mardi la condamnation à 18 mois de prison avec sursis d'un psychiatre du Centre hospitalier de Saint-Egrève (Isère) dont un patient schizophrène avait tué un passant il y a bientôt dix ans.

L'arrêt, rendu presque 5 mois après l'audience, a été accueilli avec «soulagement» par la famille de Luc Meunier, cet étudiant en génie mécanique de 26 ans mort pour voir croisé dans les rues de Grenoble, la route du malade mental ce 12 novembre 2008.

Vers un pourvoi en cassation

Poursuivi pour homicide involontaire, le Dr Lekhraj Gujadhur, aujourd'hui septuagénaire et retraité, n'était pas présent à l'énoncé du délibéré. Son avocat a fait part de sa «grosse déception» et devait étudier l'arrêt de la Cour d'appel mais «c'est assez probable qu'on se pourvoit en cassation», a déclaré Me Jean-Yves Balestas.

Cette condamnation d'un psychiatre hospitalier est une première en France et «va bouleverser la pratique» psychiatrique par crainte de poursuites judiciaires, a estimé l'avocat.

Onde de choc politique

Le jour du drame, Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, atteint de psychose délirante chronique depuis près de quatre décennies et déjà auteur d'agressions à l'arme blanche, mais autorisé à des sorties non surveillées dans le parc de l'établissement, s'en était échappé sans difficulté. Il prenait alors le car pour le centre de Grenoble, à une dizaine de kilomètres, achetait un couteau et tuait le premier venu dans la rue.

L'événement avait provoqué une onde de choc politique: Nicolas Sarkozy alors président de la République voulait une réforme de la psychiatrie comportant des dispositions sur les malades dangereux, provoquant une bronca des psychiatres.

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