Aix-en-Provence: La maire LR Maryse Joissains jugée pour détournement de fonds publics

POLITIQUE La promotion éclair de son chauffeur sera examinée attentivement par le tribunal correctionnel de Montpellier...

J.S.-M. avec AFP

— 

Maryse Joissains en 2014.
Maryse Joissains en 2014. — SIPA
  • L’élue de 75 ans, maire d’Aix depuis 2001, comparait pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.
  • Au centre des débats : l’embauche d’une collaboratrice chargée de la maltraitance animale, la promotion éclair de son chauffeur et deux emplois pour les enfants de ce dernier.
  • Sylvie Roche et Omar Achouri, placés sous le statut de témoin assisté, ont bénéficié d’un non-lieu mais le fils du chauffeur comparaît pour concussion.

Les enquêteurs ont pointé un « somptueux mélange d’autocratie, de népotisme et de désinvolture dans l’engagement des deniers publics » (sic). La maire LR d' Aix-en-Provence Maryse Joissains-Masini assure au contraire « avoir une conception très rigoureuse des deniers publics. » Le tribunal correctionnel de Montpellier va devoir trancher, ce lundi. L’élue de 75 ans, maire d’Aix depuis 2001, comparait pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Elle devra s’expliquer au sujet de l’embauche d’une collaboratrice chargée de la maltraitance animale, de la promotion éclair de son chauffeur et de deux emplois pour les enfants de ce dernier.

Emplois de complaisance ?

Maryse Joissains-Masini avait exigé la promotion d’Omar Achouri, son chauffeur et conseiller, alors qu’il figurait à la 50e place sur une liste dressée par ordre de mérite. La maire avait justifié cette décision par « le nombre d’heures de travail fournies et ce qu’il a subi lors de la précédente municipalité » socialiste.

L’élue aura également à s’expliquer sur l’embauche à son cabinet de la Communauté du Pays d’Aix d’une militante de la cause animale, Sylvie Roche, sœur d’un de ses proches. Selon l’enquête, les missions de cette collaboratrice, qui bénéficiait aussi d’une voiture de fonction, recoupaient celles déjà remplies par un service municipal et n’entraient pas dans les compétences communautaires.

« En dehors de tout cadre réglementaire »

Pour les enquêteurs, sa rémunération constitue un possible détournement de fonds publics : « Etaient mobilisés des fonds publics pour rémunérer une collaboratrice recrutée discrétionnairement (…) en dehors de tout cadre réglementaire et en ne contrôlant jamais son activité ».

Sylvie Roche et Omar Achouri, placés sous le statut de témoin assisté, ont bénéficié d’un non-lieu. En revanche, le fils du chauffeur, Christophe Achouri comparaît pour concussion pour avoir bénéficié d’emplois de complaisance au sein de structures sportives où selon l’enquête, il aurait brillé par son absence.

>> A lire aussi : Maryse Joissains va-t-elle se représenter ? Qui pour lui succéder ?