«Trop d’Arabes à Toulouse» : La justice saisie après les propos polémiques d’un élu

JUSTICE Un citoyen a saisi le procureur de la République pour « incitation à la haine » après les propos tenus par l’élu toulousain, Aviv Zonabend…

Beatrice Colin

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La façade de l'Hotel de ville de Toulouse, place du Capitole.
La façade de l'Hotel de ville de Toulouse, place du Capitole. — Alexandre GELEBART/REA

Le 4 mai, Aviv Zonabend, élu de la majorité municipale toulousaine, était démis de ses fonctions par le maire, Jean-Luc Moudenc (LR). Ce conseiller municipal perdait ses délégations après avoir indiqué dans une interview à une radio israélienne qu’il y avait « trop d’Arabes » dans la Ville rose. Avant d’ajouter qu’ils « représentent 10 à 12 % de la population ».

Une affaire qui ne devrait pas en rester au stade de la politique. Dès le lendemain de son éviction des instances municipales, les jeunes socialistes de la Haute-Garonne ont invité « le procureur de la République de Toulouse à instruire un dossier concernant » les propos d’Aviv Zonabend.

Plaintes et enquête

Si des membres de la République du cœur, un parti créé à Toulouse, ont aussi indiqué jeudi leur intention de porter plainte, un simple « citoyen », Tarek Boulanouar, a d’ores et déjà saisi directement le procureur afin qu’il instruise sa plainte pour « incitation à la haine.

« Il stigmatise une population, fait des amalgames. Ces propos sont répréhensibles et toute discrimination doit être punie. Ce qui me gène le plus, c’est son démenti, où il dit qu’il ne maîtrise pas l’hébreu et a confondu les mots arabes et islamistes. C’est un peu facile », explique le plaignant.

Ce dernier s’interroge si des propos inverses avaient été prononcés et déplore que les associations de lutte contre les discriminations ne soient pas montées au créneau.

Du côté du parquet, on indique que sa demande est entre les mains de la police « pour enquête ». A l’issue de celle-ci, le procureur prendra la décision de poursuivre ou non.