Lyon: Marin ne fera pas appel de la décision de justice... Il souhaite «se reconstruire et aller de l'avant»

JUSTICE Cinq jours après la condamnation de l’agresseur de Marin, la mère du jeune Vénissian est revenue ce mercredi à Lyon sur le dénouement du procès…

Célia Demolis

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La mère de Marin, Audrey, était accompagnée de son époux (à gauche) et de l'avocat de Marin, Frédéric Doyez (à droite), ce mercredi lors d'un point presse dans un café lyonnais.
La mère de Marin, Audrey, était accompagnée de son époux (à gauche) et de l'avocat de Marin, Frédéric Doyez (à droite), ce mercredi lors d'un point presse dans un café lyonnais. — Celia Demolis
  • Après le dénouement du procès de son agression vendredi, Marin ne souhaite pas faire appel de la condamnation de son agresseur (sept ans et demi de prison ferme).
  • Le jeune étudiant lyonnais pense désormais à l'avenir et notamment à ses études.
  • Sa famille ainsi que les nombreux messages qu'il reçoit l'aident à avancer. 

« Tout au long de cette terrible épreuve, nous avons tenté de garder notre dignité », confie Audrey, la mère de Marin, agressé en novembre 2016. Après une semaine chargée en émotion, la femme a évoqué, ce mercredi midi à Lyon, son état d’esprit, à la suite du jugement de l’agresseur de son fils. Malgré une certaine « incompréhension et colère » lors du procès, elle souhaite désormais « tirer un trait sur cette page pénale pour se consacrer exclusivement à la reconstruction de Marin ».

La cour d’assises des mineurs de Lyon a condamné vendredi l’agresseur du jeune Vénissian à 7 ans et demi de prison, et non aux 14 ans requis la veille par l’avocat général. L’accusé, mineur lors des faits, avait tabassé à coups de béquille Marin, alors qu’il défendait un couple s’embrassant dans la rue, le 1er novembre 2016. Gravement blessé à la tête, l’étudiant lyonnais avait subi une lourde opération et en garde d’importantes séquelles.

Marin n’a pas souhaité faire appel

A la suite de cette décision de justice, Marin et ses proches n’ont pas souhaité faire appel de la condamnation de l’agresseur. « La peine maximale pour un mineur a été prononcée. Si nous prolongions le procès, nous n’étions pas sûrs du résultat, d’autant que Marin est extrêmement fatigué. Nous ne voulons pas débuter une nouvelle procédure pénale », justifie la mère, exténuée par les événements. Néanmoins, elle ne comprend pas comment l’excuse de minorité a été accordée par les jurés « au vu du profil de l’agresseur et des actes qu’il a commis ».

Elle souligne par ailleurs la réaction « lamentable » de celui qui a agressé son fils, à l’énonciation du verdict : « J’avais cru entendre des excuses de sa part mais ça n’était pas le cas. Son attitude a prouvé qu’il n’avait rien compris à ce qu’il avait fait. Nous attendions de réelles paroles de sa part mais aussi de sa famille. C’est décevant, surtout pour Marin ».

Une reconstruction lente mais certaine

Pour les semaines à venir, Marin souhaite se reconstruire et attend qu’un centre médical puisse l’accueillir. « Pour l’instant, il n’y en a aucun de disponible avant le mois de septembre », constate Audrey. Le jeune homme repense tout doucement à reprendre ses études de droit, qu’il a été contraint d’arrêter. « C’est quelque chose sur lequel on va commencer à se pencher, annonce sa mère. Une reprise d’études ne sera jamais comme avant mais il arrivera probablement à suivre un cours par semaine. Il a plein de projets pour l’avenir, on le soutient dans tout mais il a bien conscience de ses difficultés. »

Après un bilan mitigé sur ces derniers mois de combat, Marin va de l’avant grâce aux nombreux messages de soutien qu’il reçoit chaque jour. « Il a l’impression d’avoir fait ce qu’il fallait, de la manière la plus digne, et qui correspond au mieux à ce qu’il est », conclut sa mère.

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