Lyon: Lors du procès, Marin demande à son agresseur « de changer en prison »

PROCES Le verdict est attendu ce vendredi soir...

E.F. avec AFP

— 

Marin, jeudi, lors de son arrivée à la cour d'assises des mineurs du Rhône.
Marin, jeudi, lors de son arrivée à la cour d'assises des mineurs du Rhône. — AFP
  • Marin a été frappé à coups de béquille et laissé pour mort le 11 novembre 2016 à Lyon. Depuis mercredi, le garçon accusé de l’avoir violemment agressé, est jugé devant la cour d’assises des mineurs.
  • Le procès se tient à huis clos car l’accusé était encore mineur lors des faits.

Une confrontation nécessaire que les deux jeunes redoutaient. Au deuxième jour du procès de son agresseur, jugé devant la cour d’assises des mineurs du Rhône, Marin a fait face, jeudi, à celui qui l’avait violemment frappé puis laissé pour mort pour avoir défendu un couple qui s’embrassait, le 11 novembre 2016, dans le IIIe arrondissement de Lyon.

Pantalon et chemise bleus, Marin, un ancien étudiant en sciences politiques, supporter absolu de l’ASSE, était arrivé au bras d’une de ses proches quelques minutes avant de témoigner, en boitant, un bras replié sur la poitrine, des cicatrices visibles sur son crâne.

Marin lui a dit « tout le mal qu’il lui avait fait »

« La présidente les a laissés se parler tous les deux », rapporte l’avocate de l’accusé, Me Anne Guillemaut. Et ils se sont parlé comme deux jeunes de 20 ans, s’appelant par leurs prénoms. « Un moment qui nous a tous envahis », poursuit l’un des avocats de Marin, Me Frédéric Doyez, à la sortie de l’audience.

Marin, qui garde d'importantes séquelles de cette agression, lui a dit « tout le mal qu’il lui avait fait ». Il lui a dit aussi « qu’il essayerait de lui pardonner », ajoute la mère de Marin, Audrey. Et des excuses ? « Je ne pense pas que ce qui s’est passé soit vraiment excusable (…). Il y a peut-être des explications mais pas d’excuses à ce qu’il s’est passé », poursuit cette femme d’une quarantaine d’années, qui depuis ce jour tragique de novembre 2016, a dû cesser de travailler pour se consacrer à la rééducation de son fils.

Marin a demandé à son agresseur « de changer de manière de vivre, de changer en prison ». Ce dernier, qui était resté « tétanisé », selon son avocate, depuis le début du procès - une attitude que la famille de Marin a vécue comme de l’indifférence, voire de la « désinvolture » - est alors sorti un peu de sa carapace. Il y a eu comme un « aveu », quelque chose qui sonnait comme : « J’ai détruit ta vie ». « Un moment de justice », estime Me Doyez.

Le verdict est attendu ce vendredi soir.

« Revoir son agresseur a été d’une violence inouïe pour nous », a confié la mère de Marin