Soupçons de fuites: Le procureur réclame un procès pour l'ex patron de la PJ Bernard Petit

REQUISITOIRE Par ces fuites, Bernard Petit s’est retrouvé embarqué dans une affaire de corruption impliquant l’ancien patron du GIGN, Christian Prouteau…

20 Minutes avec AFP

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Bernard Petit, ex directeur de la police judiciaire, le 23 juin 2012.
Bernard Petit, ex directeur de la police judiciaire, le 23 juin 2012. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le parquet de Paris a demandé le renvoi en correctionnelle de l’ex-patron de la PJ parisienne et de 18 personnes dans l'affaire des fuites au «36» qui avait ébranlé l’institution policière en 2015.

Bernard Petit est soupçonné d’avoir, via des intermédiaires, renseigné le fondateur du GIGN Christian Prouteau avant sa garde à vue fin 2014 dans une vaste affaire d’escroquerie et de trafic d’influence. Cette affaire a aussi entraîné la chute de Joaquin Masanet, figure du syndicalisme policier alors à la tête de l’Anas, l’association qui gère les œuvres sociales de la police.

Les mises en examen, le 5 février 2015, du directeur de la police judiciaire, de son chef de cabinet Richard Atlan et de Joaquin Masanet avaient eu un écho retentissant.

Selon le réquisitoire signé mi-avril et dont l’AFP a eu connaissance, le parquet réclame aux juges d’instruction de renvoyer en correctionnelle Bernard Petit et Richard Atlan pour « violation du secret de l’instruction » et « révélation d’informations sur une enquête » au bénéfice de Christian Prouteau.

Christophe Rocancourt, l’escroc des stars, impliqué

Par ces fuites, les deux « grands flics » se sont retrouvés embarqués dans l’affaire de corruption impliquant l’ancien patron du GIGN. Dans ce volet principal, le procureur demande que Christian Prouteau soit jugé pour « travail dissimulé » et pour « trafic d’influence passif » : il avait en effet été approché par Christophe Rocancourt, surnommé «l'escroc des stars», pour obtenir la régularisation illicite de clandestins.

Déjà condamné en 2012 pour abus de faiblesse envers la réalisatrice Catherine Breillat, Christophe Rocancourt est pour cette raison désormais menacé d’un procès pour « escroquerie », « trafic d’influence actif », « blanchiment de fraude fiscale » et « exercice illégal de la profession de banquier ».

Dans ce même volet du dossier, sa compagne Alexandra Mallet, Me Marcel Ceccaldi qui fut son avocat, un notaire et l’ancien secrétaire d’Etat socialiste Kofi Yamgnane sont également concernés par ce réquisitoire.

Les investigations sur les fuites avaient aussi mis au jour un vaste système de corruption autour de Jo Masanet, soupçonné d’avoir monnayé ses interventions en profitant de son influence dans les hautes sphères de l’administration. Le parquet demande qu’il soit jugé pour « trafic d’influence » et « abus de confiance aggravé », l’accusant d’avoir détourné plus de 470.000 euros des caisses de l’Anas via des surfacturations et près de 60.000 euros de frais de bouche indus.

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