VIDEO. Jawad Bendaoud condamné à six mois avec sursis pour menaces de mort sur son ex-compagne

PROCES Le parquet avait requis dix mois de prison dont quatre avec sursis assorti d'un mandat de dépôt...

Caroline Politi

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Jawad Bendaoud est jugé pour des menaces de mort sur son ancienne compagne.
Jawad Bendaoud est jugé pour des menaces de mort sur son ancienne compagne. — Benoit PEYRUCQ / AFP
  • Jawad Bendaoud est jugé en comparution immédiate pour des menaces de mort sur son ancienne compagne.
  • Il est jugé pour des faits remontant au mois d'octobre 2015 et d'autres datant de la fin mars 2018.
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Jawad Bendaoud a raison. Si ça avait été quelqu’un d’autre que lui, il y a fort à parier qu’aucun journaliste n’aurait été présent ce mercredi après-midi dans la 17e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Celui qui fut surnommé le « logeur de Daesh » pour avoir hébergé deux terroristes du 13-Novembre comparaissait pour « violence » et « menaces de mort » sur son ex-compagne. Vêtu d’un simple d’un simple tee-shirt à paillettes, short et claquettes – la tenue dans laquelle il a été interpellé par la BRI mardi matin au pied du lit – le médiatique prévenu a écopé de six mois de prison avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve pendant deux ans. 

Deux mois et demi après sa relaxe pour « recel de malfaiteurs terroristes », Jawad Bendaoud semble enferré dans ses outrances, pris au piège de son impulsivité. Sur le fond, il ne conteste pas les faits. Les premiers remontent au mois d’octobre 2015, moins de 15 jours avant son interpellation dans le dossier du 13-Novembre. Laura, sa compagne avec qui il entretient une relation erratique depuis une douzaine
d’années, a porté plainte pour une « balayette » et un « coup de tête ». Il conteste la première, pas le second. « Elle me chauffait », lâche-t-il au milieu d’un flot presque ininterrompu de paroles, rappelant à bien des égards le « Jawad Comedy Club » qu’il avait livré lors de son procès pour terrorisme.

« Elle a de la haine parce que je suis sorti lavé de l’affaire »

Il est également accusé de l’avoir menacée à plusieurs reprises, entre la fin mars et le début du mois d’avril, par SMS de la « brûler vive », « de venir faire un bain de sang », « de l’égorger » ou encore « de lui arracher les yeux et de tuer l’enfant qui n’est pas de lui ». La jeune femme, absente au procès, a finalement retiré sa plainte dans un « souci d’apaisement », précise le président, tout en notant un comportement ambiguë : jusqu’à la veille de son interpellation, elle a continué à échanger par texto avec le prévenu, lui envoyant des photos d’elle en sous-vêtements.

« J’ai fait n’importe quoi, reconnaît-il. C’est honteux. » Il évoque, en vrac, les difficultés qu’il rencontre avec la jeune femme, ses doutes sur sa paternité, ses regrets qu’elle ne soit jamais venue au parloir. A l’en croire, elle serait jalouse de sa popularité auprès des filles – il a vu « 17 filles » depuis sa libération, se vante-t-il – mais également sur les réseaux sociaux. « Je fais 80.000 vues sur Snap [l’application instantanée Snapchat], l’équivalent d’un Stade de France», fanfaronne-t-il encore. Depuis sa sortie, il assure gagner 3.000 euros par mois en publicité sur les réseaux sociaux. « Je vais la quitter, de toute façon il y a un avion de chasse qui m’attend.» Pour preuve : il l’a bloquée sur ses téléphones et effacée des réseaux sociaux, explique-t-il.

«Il cherche à survivre »

« Est-ce qu’objectivement, vous n’êtes pas votre meilleur ennemi ? » l’interroge le président. La question restera sans réponse mais au fil de ce discours décousu c’est son difficile retour à une vie normale qui frappe. « Faites ce que vous voulez mais ne me remettez pas en cellule », supplie le jeune homme de 31 ans.

S’il vante sa popularité, il confie également en souffrir, vivre enfermé chez lui. « On ne peut pas s’attendre, en sortant de 27 mois d’isolement, à ce qu’il soit l’homme le plus rangé du monde, il cherche à survivre », plaide son avocat, Xavier Noguerras, qui affirme le soutenir à bout de bras, y compris financièrement. « Les 3.000 euros, c’est n’importe quoi. »

Le parquet avait requis 10 mois de prison dont quatre mois avec sursis, assortis d’un mandat de dépôt. Le tribunal a été plus clément. Sa peine de six mois de prison avec sursis a été assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans comprenant l’interdiction d’entrer en contact avec son ex-compagne, une obligation de soin et de travail. « Ca compte les pubs sur Snap ? », l’interroge-t-il immédiatement. « Non, c’est pas un travail », le rabroue le président, particulièrement patient et pédagogue. Chassez le naturel...