Nanterre: Quatre mois de prison avec sursis pour des insultes homophobes dans un supermarché

JUSTICE La jeune femme était poursuivie pour avoir insulté et menacé un couple dans un supermarché. «Vous, les pédés, vous n'avez pas le droit de vivre», avait-elle notamment déclaré...

20 Minutes avec AFP

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Chariot de supermarché. Image d'illustration.
Chariot de supermarché. Image d'illustration. — DURAND FLORENCE/SIPA

« Vous, les pédés, vous n’avez pas le droit de vivre », « en Algérie, les mecs comme vous on les égorge ». Une femme a été condamnée lundi à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir proféré des «insultes et menaces de mort à caractère homophobe» dans un supermarché.

Le 12 mars dernier, une banale querelle éclate à la file d’attente d’une grande surface de Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine. Une jeune femme, furieuse de voir deux hommes lui passer devant, inondait le couple d’un torrent d’insultes, sous l’oeil de deux caissières. « Oui je suis homophobe et j’assume », s’emporte la femme dans le magasin.

« S’ils avaient été gros ça aurait été sales gros »

Poursuivie pour menaces de mort à caractère homophobe, elle a expliqué ses propos par un simple coup de sang, provoqué par la fatigue due à sa grossesse. Elle a nié être homophobe, affirmant à l’audience : « Je les ai insultés de pédés mais s’ils avaient été gros ça aurait été sales gros ou une blonde, blondasse ». Elle a également expliqué avoir été traitée de « bougnoule », une affirmation qu’aucun des témoins de la scène n’est venu confirmer.

« Une menace de mort, c’est dire à la personne qu’elle ne mérite pas d’exister et c’est ce que vous avez fait », a souligné l’avocat des deux parties civiles, Tewfik Bouzenoune. Evoquant les cinq ans du vote sur le mariage pour tous, il est revenu sur la banalisation des propos homophobes au cours des débats entourant cette loi. « Vous êtes l’incarnation de cette banalisation », a-t-il insisté.

Dommages et intérêts

« Ma cliente doit répondre de ses actes, pas de l’ensemble des actes homophobes commis en France », a lâché l’avocate de la prévenue, Me Madeleine de Vaugelas, demandant de requalifier les menaces de mort en injure publique, ce que le tribunal n’a pas suivi. Outre les quatre mois avec sursis, la jeune femme a été condamnée à verser 1.350 euros de dommage et intérêts pour « préjudice moral » à chacune des victimes et 1.500 euros à deux associations contre les violences homophobes.