Affaire Elodie Kulik: Willy Bardon renvoyé aux assises pour viol en réunion et meurtre

PROCES La cour d’appel d’Amiens (Somme) a confirmé, ce vendredi, le renvoi aux assises de Willy Bardon pour le viol et le meurtre d’Elodie Kulik, commis en 2002…

Vincent Vantighem

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Des gendarmes escortent Willy Bardon jusqu'au palais de justice d'Amiens où il va être mis en examen pour le viol et le meurtre d'Elodie Kulik.
Des gendarmes escortent Willy Bardon jusqu'au palais de justice d'Amiens où il va être mis en examen pour le viol et le meurtre d'Elodie Kulik. — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • Elodie Kulik, 24 ans, a été violée et tuée en 2002, dans la Somme.
  • Les enquêteurs ont mis dix ans à remonter la piste d’un suspect.
  • La cour d’appel d’Amiens a confirmé son renvoi aux assises.

Jacky Kulik est « heureux » et « un peu surpris », selon les mots de son avocat Didier Robiquet. La chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Amiens (Somme) a confirmé, ce vendredi matin, le renvoi aux assises de Willy Bardon pour le viol en réunion et le meurtre d’Elodie Kulik, dont le corps a été découvert, en partie calcinée, dans un champ proche de Péronne en janvier 2002.

La lettre anonyme écartée par la cour

« Un peu surpris » car le père de la jeune fille de 24 ans s’attendait, plutôt, à ce que les magistrats décident d’un supplément d’information après la réception, en janvier, d’une lettre anonyme jetant un peu plus le trouble dans cette sordide affaire.

Son auteur désignait la gérante d’un bar comme susceptible de détenir des informations. « On s’attendait donc à ce que la cour décide d’auditionner cette gérante de bar. Mais elle a estimé qu’elle n’apporterait rien de plus, explique Didier Robiquet. Elle a donc écarté cette lettre et décidé, sur le fond, du renvoi aux assises de Willy Bardon. »

Un ADN qui mène à un mort, une voix qui confond un suspect

C’est une « grande satisfaction » pour Jacky Kulik qui se bat depuis 2002 pour savoir qui a violé et tué sa fille, un soir de janvier 2002. Il a, en effet, fallu dix ans aux gendarmes pour mettre un nom sur l’ADN découvert sur un préservatif usagé et un mégot de cigarette à côté du corps de la jeune banquière. Et quand ils ont enfin eu la certitude qu’il appartenait à Grégory Wiart, les enquêteurs se sont aperçus que celui-ci était, depuis, mort dans un accident de voiture.

Les enquêteurs se sont alors intéressés aux proches de Grégory Wiart. C’est comme cela qu’ils ont remonté la piste de Willy Bardon. Les deux hommes avaient justement passé le réveillon du Nouvel An ensemble quelques jours avant les faits. Surtout, sa voix semble correspondre à l’une de celles isolées sur l’appel passé aux pompiers par Elodie Kulik le soir du drame, quelques instants avant d’être violée et tuée. Interpellé en 2013, Willy Bardon l’a reconnue lui-même avant de se rétracter et de prétendre qu’il n’avait rien à voir avec toute cette affaire.

C’est désormais devant une cour d’assises que le suspect va devoir s'expliquer. S’il ne forme pas un pourvoi en cassation pour contester son renvoi devant un jury populaire, il pourrait être jugé d’ici un an environ. Pour l’enlèvement, la séquestration, le viol en réunion et le meurtre d’Elodie Kulik, il encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

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