L'ex numéro 2 de la PJ de Lyon, le commissaire Neyret, rejugé en appel pour corruption

JUSTICE L'ancien chef de la prestigieuse brigade antigang de de Lyon est poursuivi pour huit délits dont corruption et trafic d'influence passifs et détournement de scellés de stupéfiants. Le parquet a fait appel et Michel Neyret est rejugé à partir de ce mercredi...

E.P. avec AFP

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Le procès de l'ancien super flic, Michel Neyret, qui devait s'ouvrir le 24 janvier devant la cour d'appel de Paris, a été reporté au mois d'avril. / AFP PHOTO / JOEL SAGET
Le procès de l'ancien super flic, Michel Neyret, qui devait s'ouvrir le 24 janvier devant la cour d'appel de Paris, a été reporté au mois d'avril. / AFP PHOTO / JOEL SAGET — AFP

En juillet 2016, l'ancien commissaire Michel Neyret  avait été condamné à deux ans et demi de prison ferme. Une peine aménageable qui évitait à l'ex-policier, incarcéré sept mois en détention provisoire, de retourner en prison.

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Mais le parquet qui avait requis quatre ans de prison, dont deux ans et demi ferme, a fait appel. « Séjours de luxe et cadeaux en échange de renseignements et de services »: l'ancien numéro 2 de la PJ de Lyon, Michel Neyret, est rejugé à partir de ce mercredi devant la cour d'appel de Paris pour « corruption ».

Echanges de cadeaux et d'argent liquide

La justice a condamné Michel Neyret, celui qui dirigea durant vingt ans la prestigieuse brigade antigang de Lyon, pour avoir fourni des informations confidentielles à des membres du milieu lyonnais, présentés comme des « indics », en échange d'avantages, de cadeaux et d'argent liquide, et d'avoir prélevé sa dîme sur une saisie de stupéfiants pour rétribuer des informateurs.

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L'affaire avait créé un véritable traumatisme dans la police nationale. Après 32 ans de carrière, Michel Neyret, adulé par ses équipes et ses supérieurs et décoré de la Légion d'honneur pour ses résultats, était une légende au moment de sa chute.

Ironie de l'histoire, l'un de ses faits d'armes fut l'arrestation en 1990 d'un gang de braqueurs où sévissaient des flics ripoux. Il incarnait alors l'honneur de la police.

« Complétement effondré »

L'appel du parquet avait « complétement effondré » le prévenu qui, à l'issue du procès, avait exprimé un peu hâtivement son soulagement de ne pas retourner en prison et de pouvoir enfin tourner la page « d'une parenthèse » judiciaire de « cinq ans ».

Son avocat, Me Gabriel Versini-Bullara, avait également fait part de sa « sidération » en soulignant que le jugement prononcé correspondait « au quantum » souhaité par les procureurs.

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Lors du procès, l'ex-grand flic a reconnu s'être perdu dans la gestion de ses « indics ». Selon lui, les cadeaux reçus provenaient d'informateurs devenus des amis qui voulaient lui « faire plaisir ».

« Dix voyages, des séjours dans la villa d'un escroc avec prêts de voitures de luxe et masseuses (...) deux montres de luxe (...) des remises d'espèces (...) et, ultime étape de la corruption, la création d'une société offshore en rétribution des services rendus », avait détaillé la procureure, pour qui le commissaire s'était transformé en « informateur policier » de ses indics.

Sur les prélèvements de stupéfiants, Neyret a assumé cette pratique pour fidéliser des « indics » tout en affirmant, sans convaincre, n'y avoir eu recours qu'à une seule reprise pour 300 grammes de résine de cannabis.

« Est-on un grand flic quand on demande à ses subordonnés de commettre des infractions, quand on met le monde judiciaire à l'écart, quant on est le seul à définir les règles? », avait dénoncé la représentante du ministère public.

D'autres personnes poursuivies

Trois des huit prévenus qui ont comparu en première instance au côté de Michel Neyret seront rejugés à ses côtés, le parquet ayant fait appel de leur jugement.

C'est le cas du commandant Gilles Guillotin et du commissaire Christophe Gavat qui avaient bénéficié d'une relaxe. En poste à l'antenne de la PJ de Grenoble à l'époque des faits, il leur est reproché d'avoir détourné des scellés de drogue pour leur patron.

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Stéphane Alzraa, l'un des deux hommes considérés par l'accusation, avec Gilles Benichou, comme les corrupteurs de Neyret, sera également rejugé.

En fuite lors du premier procès, Alzraa avait été condamné à 2 ans ferme et 250.000 euros d'amende par le tribunal qui avait délivré un mandat d'arrêt à son encontre. L'homme, acteur présumé de la fraude sur le marché du CO2, a été depuis interpellé en 2016 en Israël où il est incarcéré.

Mais « hier encore, mon client n'avait pas reçu notification de sa condamnation ni de convocation à comparaître en appel », a expliqué à son avocat Me David Olivier Kaminski, qui devrait le représenter une nouvelle fois à l'audience. Le procès est prévu jusqu'au 11 avril.

Poursuivi pour huit délits dont corruption et trafic d'influence passifs et détournement de scellés de stupéfiant, Neyret encourt 10 ans de prison et 7,5 millions d'euros d'amende.