Des peines symboliques requises contre les prévenus du groupe de Tarnac

PROCES Le procureur Olivier Christen a requis, ce jeudi, des peines légères, demandant au tribunal de ne pas renvoyer Julien Coupat et Yldune Lévy en prison…

Vincent Vantighem

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Paris, Procès du groupe de Tarnac, Julien Coupat et Yildune Levy sont poursuivi pour une opération dégradation sur les lignes TVG dans la nuit du 7-8 novembre 2008 a Dhuisi en Seine-et-Marne. France le 13 mars 2018.
Paris, Procès du groupe de Tarnac, Julien Coupat et Yildune Levy sont poursuivi pour une opération dégradation sur les lignes TVG dans la nuit du 7-8 novembre 2008 a Dhuisi en Seine-et-Marne. France le 13 mars 2018. — SIPA

- Le procès du groupe de Tarnac a débuté il y a deux semaines.

- Les prévenus sont accusés d’avoir saboté une ligne TGV en 2008.

- Le procureur a requis des peines symboliques à leur encontre.

Si vous lancez une conversation sur le terrorisme, il y a plus de chances que vos proches évoquent la barbarie de Daesh que le sabotage des TGV du  groupe de Tarnac. C’est notamment pour cette raison que le procureur Olivier Christen a requis, mercredi, des peines avant tout symboliques à l’encontre des huit prévenus jugés depuis plus de deux semaines pour cette affaire, devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

>>Les faits: L’affaire de Tarnac jugée dix ans après

« Le temps a passé », a reconnu Olivier Christen au bout de trois heures de réquisitoire. Et « il faut tenir compte de la personnalité des prévenus. » Cela fait déjà longtemps qu’ils n’apparaissent plus, dans cette procédure, comme des terroristes. Mais simplement comme des anarchistes de la mouvance autonome réunis, à un moment donné, « par la haine de ce monde ».

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Le procureur a donc requis des peines qui évitent aux plus célèbres d’entre eux – Julien Coupat et Yldune Lévy – de retourner en prison. Quatre ans de prison dont 42 mois avec sursis pour le premier. Deux ans dont 22 mois avec sursis pour son ex-compagne. Le reste de la peine demandée est couvert par le temps qu’ils ont déjà passé en détention provisoire.

Trilport n’est pas une « destination romantique »

Dans un dossier aussi décrié, Olivier Christen n’a pourtant toujours pas changé de position, brutalement. « Trilport (Seine-et-Marne) n’est quand même pas la destination la plus romantique de France », a martelé le procureur. Si Julien Coupat et Yldune Lévy s’y sont rendus la nuit du 7 au 8 novembre, ce n’est donc pas pour « une escapade romantique » suivie d’un « rapport intime » sur un petit chemin de terre, comme ils l’ont prétendu. Mais bien pour se rapprocher du « PK45 », soit le point de la ligne TGV-Est où un fer à béton a été posé dans le but de saboter un train, selon le procureur.

« Ils sont évidemment les auteurs du sabotage »

Cela fait dix ans que les prévenus contestent le fait que les policiers les ont suivis cette nuit-là. Le PV D104, rendant compte de cette filature, est un faux, selon eux. Mais pas pour le procureur. « La présence policière est établie, a-t-il martelé après avoir déminé le dossier pendant près de trois heures. Si la présence policière est établie, la présence des prévenus est établie. Et s’ils sont présents, ils sont évidemment les auteurs du sabotage… »

Mais puisqu’il faut « tenir compte de la personnalité des prévenus », il ne faut donc pas les renvoyer derrière les barreaux, a-t-il résumé. Une clémence que ne manqueront pas de réclamer, non plus, les avocats des prévenus, jeudi et vendredi, au moment de plaider. Le jugement sera ensuite mis en délibéré jusqu’au 12 avril.