VIDEO. Professeur salafiste révoqué à Rennes: «Il avait un comportement bizarre», des anciens élèves témoignent

EDUCATION L’homme a notamment été repéré pour ses activités sur des sites djihadistes...

C.A.

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La façade du lycée Charles-Tillon, à Rennes.
La façade du lycée Charles-Tillon, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • L’enseignant a été révoqué par l’Education nationale en janvier 2017.
  • La décision a été confirmée lundi par le tribunal administratif de Rennes.
  • Le professeur de génie mécanique enseignait au lycée professionnel Charles-Tillon depuis 2012.
  • Des anciens élèves évoquent un enseignant « nerveux » mais qui n’avait jamais fait « aucune allusion » à ses croyances.

La nouvelle a été rendue publique lundi soir. Le professeur de génie mécanique soupçonné de soutenir la cause djihadiste a été révoqué par l’Education nationale. Contestée par l’enseignant, cette décision a été confirmée par le tribunal administratif, qui a jugé que l’homme avait adopté « un comportement incompatible avec l’exercice de ses missions d’enseignement ». Les services de renseignement avaient repéré l’enseignant comme un membre du milieu salafiste rennais, coupable d’avoir traduit des textes sur des forums djihadistes et incité plusieurs personnes à partir en Syrie.

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Au lycée professionnel Charles-Tillon où il exerçait, la nouvelle s’est rapidement répandue. « On a vu ça sur Facebook hier. Ça fait bizarre. Mais on ne le connaissait pas », témoignent des élèves. Et pour cause. Cela fait trois ans que l’enseignant n’a pas mis les pieds au lycée. Déjà surveillé, il avait fait l’objet d’une assignation à résidence fin 2015 après les attentats de Paris et n’enseignait plus. « On ne savait pas pourquoi il était arrêté. On nous avait dit qu’il avait des soucis de santé », se souvient Erwan (les prénoms ont été modifiés).

« Il paraissait très nerveux »

Cet ancien élève du lycée a passé près de trois ans dans la classe de M. Z. « Il avait parfois un comportement bizarre, il paraissait très nerveux. Il nous disait que l’éducation se dégradait », poursuit l’ancien lycéen. Ce qui a surtout marqué Erwan, c’est la méthode employée par son ancien prof de génie mécanique, qui portait une longue barbe. « Il nous donnait des exercices à faire et il partait dans une autre salle, il nous laissait sans surveillance, parfois pendant près de deux heures ».

Timothée est plus réservé. Lui trouvait son prof « un peu autoritaire », mais sans plus. « Il avait l’air un peu isolé, il ne communiquait pas beaucoup avec les autres profs, poursuit l’ancien élève. Mais on n’a jamais eu une allusion. Ou alors je ne m’en souviens pas ».

L’assignation à résidence validée par le Conseil d’Etat

Révoqué en 2017 par l’Education nationale, l’enseignant a toujours contesté cette décision, niant les faits qui lui sont reprochés. Son employeur lui reprochait d’avoir tenu « des propos légitimant les enlèvements d’enfants et les meurtres dans le cadre du djihad », a révélé le tribunal administratif. L’enseignant avait également contesté son assignation à résidence devant le Conseil d’État. Là aussi, la juridiction lui avait donné tort.