Procès Tarnac: Le tribunal se déplace sur les lieux du sabotage en Seine-et-Marne

DELOCALISATION Julien Coupat et son ex-compagne Yildune Levy sont soupçonnés, avec huit autres personnes, d’avoir saboté une ligne de TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008…

20 Minutes avec AFP
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Les huit accusés de Tarnac auraient posé des crochets pour saboter des rails de TGV (image d'illustration).
Les huit accusés de Tarnac auraient posé des crochets pour saboter des rails de TGV (image d'illustration). — PHILIPPE HUGUEN / AFP

La suite du procès Tarnac va se dérouler hors les murs ce vendredi. Événement rare dans les annales judiciaires, le tribunal correctionnel de Paris se déplace en Seine-et-Marne, sur les lieux du sabotage d’une ligne SNCF pour lequel des membres du groupe de Tarnac sont poursuivis.

Quatre juges, deux greffiers, deux procureurs accompagnés d’un parquetier chargé de communication, les deux avocats de la SNCF partie civile, les huit prévenus et leurs quatre avocats… Tous embarqueront en début d’après-midi au Palais de justice vers les champs de Seine-et-Marne pour un retour prévu avant minuit.

« Le tribunal a estimé ce transport utile pour la manifestation de la vérité », avait justifié la présidente Corinne Goetzmann, en accédant à une demande de la défense qui dénonce un document truffé d’incohérences.

Le parquet ne s’y est pas opposé, estimant que ce déplacement « permettra de voir que les constatations effectuées par les policiers sont réelles ». Le tribunal souhaite vérifier la cohérence d’une pièce centrale de l’accusation : un procès-verbal d’une filature de Julien Coupat et son ex-compagne Yildune Levy réalisée par des policiers antiterroristes et du renseignement la nuit du 7 au 8 novembre 2008, où le sabotage d’une ligne du TGV Est a été commis.

Six arrêts sont prévus

Le couple est poursuivi pour avoir commis ces dégradations en posant sur la ligne électrique un crochet qui a endommagé le pantographe d’un train qui filait vers Strasbourg. Sur place, ils retrouveront cinq des policiers antiterroristes (SDAT) qui ont participé à la filature. Six arrêts sont prévus dans des lieux où le rapport des policiers est contesté.

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Le tribunal se rendra d’abord au pied du pont de la Marne sur la commune du Trilport, où le véhicule de Coupat-Levy a été vu faire un arrêt. Le parcours se terminera sur le site même du sabotage, où les policiers affirment avoir observé à 4h05 le véhicule Mercedes du couple « stationné tous feux éteint à l’entrée d’une voie de service » de la SNCF, en contrebas de l’endroit où le crochet sera découvert.

Ils disent en revanche ne pas avoir vu le sabotage. Une version que conteste la défense, selon qui le couple était déjà rentré à cette heure-là sur Paris, comme en témoignerait un retrait d’argent effectué avec la carte bleue de Yildune Levy à 2h44, dans le quartier de Pigalle.