VIDEO. Soupçons de financement libyen: «Je vis l'enfer de cette calomnie», a déclaré Nicolas Sarkozy au juge

ENQUETE L’ex-chef de l’Etat a été mis en examen mercredi pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens »…

L.Br. avec AFP

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L'ancien président Nicolas Sarkozy, le 24 août 2016.
L'ancien président Nicolas Sarkozy, le 24 août 2016. — BERTRAND GUAY / AFP

L’information est tombée en début de soirée. Après plus de 24 heures de garde à vue, Nicolas Sarkozy a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Face aux enquêteurs, Nicolas Sarkozy a continué à nier les faits qui lui sont reprochés. « Depuis 2011, je vis l’enfer de cette calomnie », a-t-il déclaré aux juges.

Selon Le Figaro, il a ajouté : « Je suis accusé sans aucune preuve matérielle par Mouammar Kadhafi et Ziad Takkiedine. » L’ancien président est mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens » et placé sous contrôle judiciaire.

« Coup de tonnerre »

Celui qui fut l’un des artisans de la chute du dictateur Mouammar Kadhafi, tué en 2011 par les rebelles libyens, avait été placé en garde à vue mardi matin dans les locaux de l’office anticorruption (Oclciff) à Nanterre, près de Paris. Après s’être vu signifier sa mise en examen, il a regagné son domicile dans le XVIe arrondissement.

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« C’est un coup de tonnerre après cinq ans d’investigations. Il est mis en examen des principaux chefs dans cette enquête », a relevé une source proche du dossier. C’est l’aboutissement de cinq ans d’enquête. Différents éléments ont permis aux enquêteurs d’avancer ces derniers mois. Selon Le Monde, plusieurs anciens dignitaires du régime Kadhafi auraient livré de récents témoignages confirmant les soupçons de financement illicite. 

Autre élément qui pourrait être compromettant pour Nicolas Sarkozy : un rapport de l’office anticorruption, daté de septembre, qui pointe une circulation importante d’espèces dans son entourage durant la campagne 2007.

Dons anonymes et valises de billets

Le sulfureux homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine a lui-même assuré avoir remis entre fin 2006 et début 2007 trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du régime de Kadhafi à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant. « Le menteur, ce n’est pas moi », a réagi Ziad Takieddine après la mise en examen de l’ex-président. « Petit à petit, l’étau se resserre, tout commence à tomber et la mafia aussi », a-t-il ajouté.

D’autres dignitaires libyens ont démenti tout financement de la Libye de Mouammar Kadhafi, que Nicolas Sarkozy avait reçu en grande pompe à l’Elysée en 2007. L’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a également été entendu mardi, mais en audition libre. « Il a de nouveau assuré qu’il n’y avait pas eu de financement en provenance de Libye ou de quelque pays étranger. 

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Interrogés, Eric Woerth, trésorier de la campagne, et l’un de ses adjoints, Vincent Talvas, ont assuré que l’argent provenait de dons anonymes, une justification contestée par d’autres protagonistes de la campagne. Sollicités, les avocats de l’ex-président n’étaient pas disponibles dans l’immédiat.