VIDEO. Soupçons de financement libyen: Fin de garde à vue pour Nicolas Sarkozy

AUDITION L’ancien président était entendu dans les locaux de la police judiciaire, à Nanterre, depuis lundi matin…

Manon Aublanc avec AFP

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Nicolas Sarkozy, à Paris, le 6 novembre 2017.
Nicolas Sarkozy, à Paris, le 6 novembre 2017. — Christophe Petit Tesson/AP/SIPA

La garde à vue de l’ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, a pris fin mercredi en fin de journée, a appris l’AFP de sources proches du dossier. L’ancien président était entendu dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement libyens de sa campagne présidentielle de 2007.

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« La garde à vue de Nicolas Sarkozy est terminée », a déclaré l’une des sources, sans préciser les éventuelles suites judiciaires décidées par les magistrats. Nicolas Sarkozy, qui a toujours rejeté ces accusations, peut être remis en liberté, présenté à un juge en vue d’une éventuelle mise en examen ou convoqué ultérieurement.

Nicolas Sarkozy était entendu par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) de Nanterre  depuis lundi matin, avec une interruption dans la nuit.

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Brice Hortefeux, également entendu, sous le statut de « suspect libre »

Également entendu, mais sous le statut de « suspect libre », Brice Hortefeux, qui fut ministre de l'Intérieur sous son quinquennat (2007-2012)​, avait été auditionné mardi dans les locaux de l’Oclciff. « M. Hortefeux a de nouveau assuré qu’il n’y avait pas eu de financement en provenance de Libye ou de quelque pays étranger. En répondant aux nombreuses questions qui lui ont été posées, il a démenti les erreurs et rumeurs qui ont couru sur cette affaire », a déclaré son avocat Jean-Yves Dupeux à l’AFP.

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Depuis la publication en mai 2012 par le site Mediapart d’un document libyen accréditant un financement d’environ 50 millions d’euros, pour permettre notamment à la Libye de sortir de son isolement diplomatique, les investigations ont considérablement avancé.

« Nicolas Sarkozy est un vrai menteur » affirme Ziad Takieddine

Plusieurs protagonistes, dont d’ex-responsables libyens, ont accrédité la thèse de versements illicites. Le sulfureux homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a lui-même assuré avoir remis entre fin 2006 et début 2007 trois valises contenant 5 millions d’euros en provenance du régime de Kadhafi à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant. Nicolas Sarkozy « est un vrai menteur et vous allez voir, il va passer son temps avec les juges d’instruction à dire "non, non, non c’est pas vrai". Tout ça pour gagner du temps, c’est sa méthode habituelle », a lancé Ziad Takieddine sur BFMTV mercredi, assurant « dire la vérité ».

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Pendant sa garde à vue, Nicolas Sarkozy est susceptible d’avoir été interrogé sur les différents délits visés par l’enquête. Ouverte notamment pour « détournements de fonds publics » et « corruption active et passive », celle-ci a été élargie en janvier à des soupçons de « financement illégal de campagne électorale ».