Nîmes: Arrêtés pour avoir envoyé des lettres piégées à des défenseurs de la corrida

JUSTICE Un homme et une femme ont reconnu les faits et ont été placés sous contrôle judiciaire…

N.B. avec AFP

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Un taureau lors d'une corrida à Pampelune (Espagne).
Un taureau lors d'une corrida à Pampelune (Espagne). — Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA

Un homme et une femme, qui ont reconnu être à l’origine de l’envoi, au début de l’année 2017, de lettres piégées avec des lames de cutter à des défenseurs de la tauromachie doivent être jugés à la fin du mois de juin à Nîmes (Gard), a appris l’AFP auprès du parquet.

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Âgés d’une quarantaine d’années, ces deux prévenus, opposés à la corrida, doivent comparaître le 26 juin devant le tribunal correctionnel pour des soupçons de « violences et blessures volontaires avec préméditation, en réunion et avec armes ».

25 personnes avaient reçu des lettres piégées

Le parquet de Nîmes​ a réclamé mercredi soir un contrôle judiciaire à leur encontre. Inconnus de la justice, ils se connaissent pour fréquenter des structures opposées à la corrida, sans être toutefois militants dans une organisation particulière. La femme, originaire de Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne, et l’homme de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier dans l’Hérault, encourent dix ans de prison.

« Ils ont reconnu les faits, monsieur très rapidement, elle plus difficilement, a précisé mercredi le parquet de Nîmes. Ils ne supportent pas les tortures infligées aux animaux, ont-ils dit pendant leurs gardes à vue, pour justifier cet envoi de lettres piégées. Ils voulaient blesser en mettant une lame de cutter dans les courriers. » Environ 25 personnes liées au monde de la tauromachie avaient reçu dans plusieurs régions une cinquantaine de lettres piégées à l’intérieur desquelles se trouvaient des cartes postales et des lames de cutter. Parmi les personnalités visées, figuraient Simon Casas, directeur des arènes de Nîmes et Madrid et Jean-Baptiste Jalabert, qui gère les arènes d’Arles.

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« Je suis très en colère, c’est contre-productif »

Selon le président de l’Observatoire national des cultures taurines, André Viard, le trésorier de cette association a été blessé aux doigts en ouvrant l’une des lettres.

Les enquêteurs sont parvenus après de longues investigations à identifier le vendeur des cartes postales, puis, indirectement à remonter jusqu’aux suspects dont les ADN correspondent à ceux retrouvés sur des lames et cutter et des timbres postaux.

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« Jusqu’alors, je n’ai pas pu croire que c’était des anticorridas. Je dois me rendre à l’évidence, a confié Claire Starozinski, de l’Alliance anticorrida, à 20 Minutes. Je suis très en colère, un tel geste est contre-productif. Ce n’est pas ainsi qu’on arrêtera la corrida. »