Assistants parlementaires FN: La justice confirme les retenues sur salaire de Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch

JUSTICE Les deux hommes doivent restituer au Parlement européen respectivement 320.026 et 275.984 euros...

Lucie Bras

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Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch au Parlement européen, le 4 avril 2017.
Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch au Parlement européen, le 4 avril 2017. — SEBASTIEN BOZON / AFP

La justice européenne a tranché. Le tribunal de l’Union européenne a confirmé ce mercredi les retenues sur salaires des eurodéputés français d’extrême droite Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen, décidées par le Parlement européen en raison d'emplois douteux d'assistants parlementaires.

Selon l’institution, les deux parlementaires avaient « indûment » perçu ces sommes au titre d'« assistance parlementaire ». Les deux hommes avaient saisi le Tribunal de l’Union européenne, basé à Luxembourg, pour faire annuler ces décisions, mais celui-ci a rejeté mercredi leurs requêtes sur le fond.

Un pourvoi déposé devant la Cour

« C’est bien aux eurodéputés et non au Parlement de prouver que les montants perçus ont été utilisés afin de couvrir les dépenses effectivement exposées et résultant entièrement et exclusivement de l’engagement de leurs assistants », a notamment justifié le tribunal. Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national (FN) et eurodéputé depuis 1984, et Bruno Gollnisch, eurodéputé FN depuis 1989, doivent restituer au Parlement européen respectivement 320.026 et 275.984 euros.

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Les deux députés « n’ont pas fait l’objet d’un traitement discriminatoire et partial », a-t-il ajouté, « étant donné qu’ils n’ont apporté aucun élément de preuve permettant de considérer que seuls les eurodéputés du FN auraient fait, par le passé ou à l’heure actuelle, l’objet de procédures similaires engagées par le Parlement ». Les deux élus du Front national ont affirmé qu’ils allaient déposer un pourvoi devant la Cour.

D’autres affaires en cours pour le FN

Selon Bruno Gollnisch, « tous les principes de droit » ont été « violés ». « J’ai été présumé "coupable" sans aucune preuve. Malgré nos demandes répétées, et des textes qui nous en donnaient clairement le droit, ni mon assistant ni moi-même n’avons à aucun moment été entendus », écrit-il dans un communiqué. Jean-Marie Le Pen s’est dit « scandalisé » par la décision « mais pas étonné, en sachant que les juges (…) sont des hauts fonctionnaires européistes. Et nous, nous sommes des eurosceptiques ». « Par conséquent nous sommes condamnés comme tels, avec des méthodes qui sont celles de gangsters. On nous vole notre indemnité parlementaire », a-t-il déclaré.

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Ce ne sont pas les seules affaires qui visent des membres du FN. La présidente du FN et fille de Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, est également visée par une procédure de recouvrement, et a été mise en examen en France, comme son parti, pour des soupçons d’emplois fictifs d’assistants de plusieurs eurodéputés frontistes. Dans une affaire distincte, le groupe politique auquel appartient le FN au Parlement européen pourrait devoir restituer plus de 427.000 euros versés par l’institution pour couvrir ses frais de fonctionnement, en raison d’irrégularités, selon un document parlementaire.