Amiens: Une lettre anonyme vient relancer l’affaire Elodie Kulik

JUSTICE Une décision était attendue, ce mardi, sur un éventuel renvoi du principal suspect devant la cour d’assises…

M.L. avec AFP
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Willy Bardon, le meurtrier présumé d'Elodie Kulik.
Willy Bardon, le meurtrier présumé d'Elodie Kulik. — P.Huguen / AFP

Ce mardi, la décision sur le renvoi devant la cour d'assises de Willy Bardon, le principal suspect dans l’affaire du viol et du meurtre d’Élodie Kulik, a été reportée. Ce renvoi fait suite à la réception d’une lettre anonyme a-t-on appris auprès du parquet général.

La décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Amiens a été renvoyée au 30 mars, a indiqué le parquet général, qui n’a pas voulu donner de précisions sur le contenu du courrier. Selon France 3, la lettre désigne une personne en possession de renseignements sur le suspect et son entourage.

« Un élément suffisamment important »

« La chambre de l’instruction a considéré que c’était un élément suffisamment important pour la communiquer ce jour aux parties et nous demander nos observations », a dit Me Stéphane Daquo, l’avocat de Willy Bardon.

Willy Bardon, mis en examen en 2013 pour séquestration, viol et meurtre et placé en détention provisoire lors de sa mise en examen, est sorti de prison en avril 2014 sous surveillance électronique. Il est le seul mis en examen dans cette affaire.

Ses avocats, maîtres Daquo et Lafarge, avaient fait appel de la décision du juge d’instruction du 6 avril 2017 qui renvoyait le suspect devant les assises.

Alors âgée de 24 ans, Elodie Kulik, directrice d’une agence bancaire à Péronne (Somme), avait été violée puis étouffée en janvier 2002 et son corps avait été retrouvé en partie calciné dans un champ à quelques km de là, à Tertry. Avant d’être tuée, la jeune femme avait eu le temps d’appeler avec son téléphone portable les pompiers qui avaient distingué, derrière la voix de la victime, au moins deux voix d’hommes avec un fort accent picard.

Quatorze ans d’enquête

Un préservatif et un mégot avaient été trouvés près du corps de la victime, permettant le relevé de deux empreintes ADN. Mais malgré plusieurs milliers d’expertises ADN, les enquêteurs n’avaient à l’époque pas réussi à identifier de suspect.

Dix ans plus tard, en 2012, l’enquête avait connu un tournant avec l’identification par recoupement d’ADN d’un suspect, Grégory Wiart, mort dans un accident de voiture quelques mois après le meurtre. Willy Bardon était l’un de ses amis.

La voix de Willy Bardon avait été reconnue par l’ancienne compagne de Grégory Wiart et par cinq des six hommes placés en garde à vue en même temps que lui en janvier 2013. Le suspect mis en examen avait lui-même dit aux enquêteurs que la voix sur la bande sonore ressemblait à la sienne, avant de se rétracter, en niant toute implication dans l’affaire.

L’enquête avait été clôturée en février 2016 à l’issue de 14 ans d’investigations.