VIDEO. Le «tueur de la gare de Perpignan» face aux familles de victimes lors de l'ouverture de son procès

JUSTICE L'accusé a tué et mutilé deux femmes, et violé deux autres laissées pour mortes entre 1997 et 1998 à Perpignan... 

20 Minutes avec AFP

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Les indices ayant mené à l'identification du suspect
Les indices ayant mené à l'identification du suspect — RAYMOND ROIG / AFP

Les enquêteurs l’avaient surnommé le « tueur de la gare de Perpignan ». Vingt ans après, le procès de Jacques Rançon s’est ouvert lundi après-midi devant la cour d’assises des Pyrénées-Orientales.

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Veste grise sur t-shirt orange fluo, cet ancien cariste magasinier de bientôt 58 ans est jugé pour avoir violé, tué et atrocement mutilé deux femmes, mais aussi pour avoir tenté de violer deux autres victimes laissées pour mortes, en 1997 et 1998. A l’ouverture des débats, encadré par trois policiers, l’accusé a décliné clairement son identité. Il s’est rassis ensuite bras croisés, le regard perdu dans le vide et a gardé la tête baissée pendant la lecture des faits par le président de la cour, Régis Cayrol.

Avant l’audience, les parties civiles installées en face de l’accusé ont refusé de s’exprimer. Mais beaucoup ne l’ont pas quitté des yeux, parfois en larmes. « Il faut qu’il paye pour ce qu’il a fait, à ma fille, aux autres victimes, à moi, mon mari, ma famille », avait déclaré il y a quelques jours Conception Gonzalez, mère de la dernière victime, Marie-Hélène, 22 ans, tuée le 16 juin 1998.

Une sûreté en fin de peine

C’est grâce à un nouveau logiciel sur le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) que le meurtrier présumé a été identifié le 13 octobre 2014. A l’origine, une trace sur le dessus de la chaussure droite de Moktaria Chaïb, 19 ans, tuée le 21 décembre 1997. Auparavant, les investigations tous azimuts étaient allées de fausses pistes en déceptions. Il y avait eu des centaines d’interrogatoires, certains sous hypnose. Rançon avait lui-même été entendu après le meurtre de Marie-Hélène. Mais aucun élément tangible n’était alors ressorti à l’encontre de cet homme au lourd passé judiciaire, avec des condamnations pour « agressions sexuelles » ou « violences sur conjoint ».

Rançon a fini par avouer au bout de sa garde à vue. La première agression sexuelle de cet homme originaire de Picardie remonte à plus de quarante ans. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Il pourrait aussi se voir infliger une période de rétention de sûreté en fin de peine, car il était en état de récidive légale. Cet homme au lourd passé judiciaire avait été condamné en 1994 pour viol aggravé, et avait été incarcéré à Amiens avant d’arriver à Perpignan. Le verdict de ce procès est attendu le 26 mars.