Côte d'Azur: Poursuivi pour corruption passive, le maire de Beausoleil relaxé en appel

PROCES La justice soupçonnait Gérard Spinelli d’avoir perçu des pots-de-vin pour le chantier d’un gratte-ciel de luxe entre sa commune et la principauté monégasque…

F.Bi. avec AFP
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La tour Odéon, la plus haute de Monaco, vue depuis la principauté
La tour Odéon, la plus haute de Monaco, vue depuis la principauté — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Il échappe à une condamnation, comme en première instance. Gérard Spinelli, maire de Beausoleil (Alpes-Maritimes), commune limitrophe de Monaco, a été relaxé ce mardi par la cour d’appel d’Aix-en-Provence dans le dossier de la tour Odéon. Il était poursuivi pour corruption passive.

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A l’audience, le 17 janvier dernier, le parquet avait requis une peine de deux ans de prison, dont six mois ferme, à l’encontre de Gérard Spinelli. « C’est la fin d’un cauchemar de neuf ans. Depuis le début de cette affaire, le dossier est vide », a réagi Me François-Xavier Vicensini, l’avocat de l’ancien élu.

La cour d’appel d’Aix-en-Provence a également relaxé l’intermédiaire présumé dans cette affaire, Ange-Roméo Alberti. Le ministère public s’était désisté en dernière minute des poursuites contre les supposés corrupteurs, les deux promoteurs de la plus haute tour de la principauté, les frères Paolo et Claudio Marzocco.

Des sommes de plusieurs dizaines de milliers d’euros évoquées

Les enquêteurs pensaient qu’ils avaient fait corrompre le maire de Beausoleil pour qu’il facilite ou s’abstienne d’entraver le bon déroulement du chantier de la tour Odéon, situé à cheval sur sa commune et sur la principauté monégasque. Des sommes de plusieurs dizaines de milliers d’euros avaient été évoquées.

Double gratte-ciel de 170 m de haut et 49 étages bâti à Monaco, à la frontière de la commune française de Beausoleil, ce bâtiment comporte à son sommet un appartement « penthouse » sur 5 niveaux réputé parmi les plus chers du monde. Son chantier, entamé en 2009, a été évalué à plus de 500 millions d’euros.

Mais malgré des « milliers de pages » de procédure, d’écoutes et de surveillances, l’avocat général s’était déclaré « déçu de la qualité du dossier d’instruction », qui avait désigné ces deux Italiens résidents monégasques comme les principaux acteurs du dossier.

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La condamnation de «Lino» pour blanchiment et fraude fiscale réduite 

Outre le volet corruption, Ange-Roméo Alberti, dit « Lino », intermédiaire aux méthodes opaques et aux déclarations contradictoires, avait également été poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux et fraude fiscale. Ces délits lui avaient valu trois ans de prison avec sursis et 100.000 euros d’amende en première instance.

La cour d’appel a réduit mardi sa peine à deux ans de prison avec sursis.