Esclavage domestique: Dix-huit mois de prison avec sursis pour avoir imposé à une ado 15 à 18 heures de travail par jour

SOCIETE Une quinquagénaire a été reconnue coupable par le tribunal de Nanterre d’avoir exploité une adolescente de 13 ans entre 2000 et 2005…

Floreal Hernandez
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Quinze mois d'emprisonnement ont été requis à l'encontre de la prévenue.
Quinze mois d'emprisonnement ont été requis à l'encontre de la prévenue. — H.Sergent/20Minutes
  • Les 18 mois de prison avec sursis sont assortis de 60.000 euros de dommages et intérêts pour la victime.
  • L’adolescente travaillait entre 15 et 18 heures par jour, sans repos ni rémunération.

C’est l’aboutissement d’une procédure de douze ans. Pour avoir fait d'une adolescente malienne de sa famille son esclave domestique pendant cinq années, une femme de 54 ans a été condamnée en son absence à Nanterre à 18 mois de prison avec sursis, lundi.

Les 18 mois de prison avec sursis sont assortis de 60.000 euros de dommages et intérêts pour la victime, aujourd’hui âgée de 31 ans. Le Comité contre l'esclavage moderne, qui s’était porté partie civile, recevra également un euro de dommages et intérêts.

15 à 18 heures de travail par jour

Lors de l’audience du 22 janvier, qui s’était tenue en l’absence de la prévenue et de son avocate, la plaignante avait évoqué la « promesse de vie meilleure » que constituait son départ du Mali en août 2000, à 13 ans, avec l’une de ses cousines éloignées.

Mais selon son récit, dès son arrivée à Châtenay-Malabry, cette dernière lui a imposé de faire la cuisine, le ménage, les courses pour une maisonnée de neuf personnes dont cinq enfants, entre 15 et 18 heures par jour, sans repos ni rémunération.

Très émue, elle avait raconté à la barre qu’elle prenait son repas après tout le monde « s’il en restait », dormait sur un matelas en mousse posé sur le sol et essuyait coups et insultes dans ce huis clos domestique. La jeune esclave​ domestique avait finalement quitté le domicile à 18 ans, en octobre 2005, grâce à un jeune homme qui l’avait poussée à partir et à porter plainte.

Des travaux « comme l’ensemble des enfants », selon la prévenue

La prévenue a été condamnée pour « exécution d’un travail dissimulé », « aide à l’entrée ou au séjour irréguliers d’un mineur étranger en France » et « soumission d’un mineur à des conditions de travail et d’hébergement indignes ».

Entendue au cours de l’enquête, la quinquagénaire avait affirmé avoir versé de « l’argent de poche » à l’enfant, nié les coups et la privation de nourriture. Elle avait aussi assuré que l’adolescente faisait des travaux ménagers « comme l’ensemble des enfants ».