Ouistreham: Le maire Romain Bail devant le tribunal de Caen pour «faux et usage de faux»

DON FICTIF Dans un e-mail fictif présenté au conseil municipal, le Normandy Memorial Trust promettait un don de 2,5 millions de livres à la mairie…

20 Minutes avec agence
— 
Mairie de Ouistreham, dans le Calvados.
Mairie de Ouistreham, dans le Calvados. — Google street view

Le maire LR de Ouistreham Romain Bail comparaissait ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Caen ( Calvados) pour « faux et usage de faux ». L’élu encourt une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.

>> A lire aussi : Calvados: Le maire de Ouistreham porte plainte après avoir été caricaturé en Hitler sur Facebook

L’affaire remonte à septembre 2017, rapporte Ouest France. Lors du conseil municipal, Romain Bail avait communiqué aux élus un courrier électronique apparemment envoyé le 25 août par le  Normandy Memorial Trust (NMT).

Écrit depuis chez lui

Dans cet e-mail, l’organisme britannique s’engageait à soutenir la construction du futur centre d’interprétation des relations franco-britanniques, et promettait à ce titre un don de 2,5 millions de livres (un peu plus de 2,8 millions d’euros), soit environ 18 % du budget du projet. Mais quelques jours après ce fameux conseil du 4 septembre 2016, le NMT avait démenti être l’auteur du fameux mail.

>> A lire aussi : Marseille: La mairie dans le viseur du parquet national financier

Romain Bail nie les faits et a dénoncé une « machination » qui le « dépasse ». « Mon nom a été sali », a-t-il déclaré durant l’audience. L’enquête a pourtant établi qu’un faux mail avait bien été rédigé le dimanche 27 août 2017 depuis le domicile de l’élu, dans un anglais approximatif, puis parachevé sur le réseau de la mairie en fin de journée. Le signataire du fameux e-mail ne travaillait déjà plus à la NTM à cette date.

Or « les enquêteurs numériques ont conclu après une investigation fouillée que l’examen de l’ordinateur exclut toute prise en main à distance » et que le faux mail a été rédigé « par un personne physique présente au domicile » de Romain Bail, a souligné la procureure de la République Carole Étienne.

L’ordinateur retrouvé dans la chambre du couple

Le maire soutient, avec une douzaine d’attestations à l’appui, qu’il était à une fête sur le port au moment où le mail a été rédigé de son ordinateur personnel. Mais Mme Bail qui était au domicile familial « n’a vu personne s’introduire dans la maison », ajoute la procureure.

Lors de la perquisition, le maire a d’ailleurs prétendu que l’ordinateur utilisé pour rédiger le courrier avait été vendu. Les policiers l’ont pourtant retrouvé pendant leurs recherches dans la chambre du couple. « Cela interroge », a déclaré la procureure de la République. La décision sera rendue le 12 avril prochain.