Procès en diffamation pour une femme qui a accusé le père de Michèle Alliot-Marie de harcèlement sexuel

CONTRE-ATTAQUE Les avocats de l’ancienne ministre ont dénoncé « une atteinte à la mémoire »…

G. N. avec AFP
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Bernard Marie et sa fille Michèle, le 13 février 1978.
Bernard Marie et sa fille Michèle, le 13 février 1978. — JEAN-PIERRE ALLONGUE / AFP

Une femme, qui affirmait avoir été victime de harcèlement sexuel de la part du père de Michèle Alliot-Marie dans les années 1980, a été renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris pour « diffamation », a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

La députée européenne et ex-ministre de droite avait déposé plainte après des propos publiés sur Twitter le 11 mai 2016 visant son père Bernard Marie, l’ancien maire de Biarritz décédé en 2015 à l’âge de 96 ans. Des tweets qui intervenaient en pleine onde de choc provoquée par l’affaire Denis Baupin, l’ex-député écologiste accusé publiquement d’agression et de harcèlement sexuels par plusieurs femmes dont des élues.

Un « pervers », selon la femme

La rédactrice des propos, âgée aujourd’hui de 53 ans, avait relaté sur Twitter une rencontre avec le maire pendant la campagne des municipales de 1986, alors qu’elle était une jeune journaliste de 21 ans. Interpellant directement Michèle Alliot-Marie, elle affirmait dans ces termes : « Ton papa […] m’a demandé de m’asseoir sur ses genoux, dans son bureau ».

Dans les tweets litigieux, où elle qualifiait Bernard Marie de « pervers », elle ajoutait : « je doute avoir été la seule et que sa fille […] ne le sache pas […] cela ne m’étonnerait même pas qu’il ait tenté le coup avec sa fille ».

Une mise en examen quasi-automatique

La défense de Michèle Alliot-Marie estimait que ces propos constituaient « une atteinte à la mémoire » de son père décédé tout en l’exposant, elle aussi, à « l’opprobre public ». « Nous n’en sommes qu’au stade du renvoi. C’est désormais au tribunal correctionnel de se prononcer. Nous espérons, bien évidemment, que de tels propos seront sanctionnés », ont réagi Christophe Ingrain et Rémi Lorrain, les conseils de Michèle Alliot-Marie.

Poursuivie pour « diffamation publique envers la mémoire d’un mort », l’accusatrice a été renvoyée le 9 février devant le tribunal correctionnel. En matière de diffamation, les mises en examen sont quasi automatiques et l’instruction du dossier se fait au moment de l’audience. A ce stade, les dates du procès ne sont pas encore fixées.