Nice: Martine Landry, jugée pour aide aux migrants, voit son procès encore renvoyé

FRONTIERE Accusée d’avoir fait « convoyer pédestrement » deux migrants vers la France, la militante d’Amnesty international devra revenir au tribunal correctionnel le 11 avril…

Mathilde Frénois

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Martine Landry, responsable d'Amnesty international à Nice, a vu une deuxième fois son procès renvoyé.
Martine Landry, responsable d'Amnesty international à Nice, a vu une deuxième fois son procès renvoyé. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Les marches du palais de justice de Nice ont retrouvé leurs pancartes jaunes. Après un premier renvoi le 8 janvier, les militants pro-migrants ont recyclé, ce mercredi, panneaux et slogans : « La solidarité n’est pas un délit » « Non au délit de solidarité », « Justice pour Martine ». Et ils pourraient les ressortir encore le 11 avril.

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Poursuivie pour avoir « convoyé pédestrement » deux migrants vers la France à Menton, la responsable d’Amnesty international à Nice devait répondre à la barre ce mercredi. « Une première » pour cette ONG. Mais elle a vu son procès renvoyé. Pour la deuxième fois.

« Pour que les choses soient limpides »

À 73 ans, Martine Landry est membre de l’Anafe (association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers) et responsable d’Amnesty international à Nice. Si la militante devra répondre à la barre du tribunal correctionnel, c’est qu’elle a aidé des migrants. Les faits remontent au mois de juillet. Martine Landry rencontre alors deux Guinéens. Ils ont été renvoyés à deux reprises en Italie par les agents français. « Ils avaient des papiers et ont le droit à un accueil en France. Je ne fais qu’appliquer les lois françaises », assure-t-elle depuis plusieurs semaines. La militante décide alors, le 28 juillet, de les accompagner de la frontière au poste de la PAF. Un geste qui lui vaut donc ces passages devant la justice et de risquer jusqu’à 30.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.

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« Lors de la première audience, j’avais déjà envisagé le renvoi de cette affaire pour qu’il n’y ait pas de zone d’ombre et qu’on puisse savoir ce qui s’est passé, explique la procureur Brigitte Funel. Je n’ai pas eu toutes les réponses sur la façon dont les choses se sont déroulées. Je souhaite un nouveau renvoi pour que les choses soient tout à fait limpides. » Ce qu’il manque, c’est un accusé réception de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) qui certifie la prise en charge des deux mineurs dans des foyers français. Il n’a toujours pas été versé au dossier. « Pour l’instant, la gendarmerie le cherche et l’ASE le cherche », indique Me Mireille Damiano, avocate de Martine Landry.

À l’extérieur du palais de justice, les pancartes continuent de s’agiter. Christine est derrière l’une d’elles. « Ces procès de personnes qui font en sorte que la loi soit respectée sont inutiles », estime-elle. « On porte un soutien inconditionnel à Martine, poursuit sa voisine Josée. On était là le 8 janvier, on sera encore là le 11 avril, fidèles et convaincues. » Comme Josée et Christine, plus de 100 personnes ont apporté leur soutien à la responsable locale d’Amnesty international.